A la découverte des plantes sauvages comestibles, 2ème épisode: fromage à tartiner au mouron blanc
Pour suivre l'étonnante tarte sucrée au plantain et à l'ortie, voici une petite recette toute simple préparée lors des ateliers cuisine de l'après-midi, avec une autre plante sauvage de nos potagers et jardins: le mouron blanc. Nous avons tous déjà goûté au fromage frais aux fines herbes, voici une délicieuse version aux 'mauvaises herbes' qui change un peu! Nous l'avons préparé avec du fromage blanc entier, mais je le verrais bien aussi avec de la ricotta, ou encore du tofu (type soyeux-ferme)...
Le mouron blanc (on l'appelle aussi mouron des oiseaux ou stellaire) est tonique, diurétique et antirhumatismal, entre autres vertus. Ne le confondons pas avec son cousin le mouron rouge, qui contient des saponines toxiques pour les animaux et probablement aussi pour nous.
Voici à quoi ressemble ce joli garçon:
Et d'un peu plus près:
Cette tartinade est prête en un tour de main et est vraiment fraîche avec son petit goût citronné.
Ingrédients:
250 g de fromage blanc
1 belle poignée de mouron blanc
1 petit oignon
Le jus d'1/2 citron
Sel, poivre, épices au choix
Préparation:
Hacher l'oignon très finement, l'ajouter au fromage blanc ainsi que le citron et les épices. Nettoyer le mouron si nécessaire, et le hacher menu. Ajouter au fromage, bien mélanger, et déguster sur une belle tranche de pain complet, par exemple.
Mise au vert: tartinade chèvre-roquette-fromage blanc
Rassurez-vous, je ne viens pas une fois de plus vous rebattre les oreilles de mon excès de travail ni de mon manque de temps! Non, cette fois, c'est bien une recette, même si elle reste sommaire. On recommence, certes, mais en douceur. Ce n'est pas encore aujourd'hui que je vous régalerai d'un menu 5 services; vous avouerez cependant qu'une amélioration certaine se profile!
Le soleil ayant daigné poindre son nez ce matin (edit: hier matin, on est déjà lundi!), j'ai levé le mien de mon écran, gagnée par une envie de fraîcheur et une petite fringale impromptue. J'ai d'abord pensé confectionner une salade variée. Mais après réflexion je me suis ravisée. Je ne sais pas si cela vous arrive parfois, mais je ressentais fortement le besoin de planter les dents dans un en-cas substantiel, et quelques légumes crus ne m'auraient pas satisfaite, ni même un taboulé; non, je voulais MORDRE à belles dents dans quelque chose de consistant! Nous ne nous attarderons pas sur les nombreuses et inquiétantes interprétations possibles de ce désir croqueur; il s'agissait surtout de le satisfaire avant qu'il ne puisse prendre des proportions dangereuses! Malgré tout, la roquette commençait à piquer du nez dans le frigo, il convenait donc de l'inclure d'une façon ou d'une autre dans la solution (poindre le nez, lever le nez, piquer du nez... l'appendice nasal se prête décidément à bien des expressions chez moi aujourd'hui; se sent-il lésé face à la bouche et à l'oreille?) Après inventaire dudit frigo, j'ai été tentée par un mariage à trois entre le piquant de la roquette, la saveur douce du chèvre frais et le crémeux du fromage blanc. Ni une ni deux, on provoque la rencontre au sommet, ou plutôt au fond (du bol mixer); étalée généreusement sur un morceau de pain multicéréales au levain, agrémenté de quelques noix, cette tartinade verte, légère et onctueuse, fait des merveilles. Et mes dents ont pu mastiquer à leur aise...
C'était déjà délicieux tel quel, mais il me semble qu'un bon jambon de ferme grillé aurait été tout à fait à sa place sur ces tartines. J'imagine aussi bien cette préparation en sauce pour accompagner un morceau de poulet; ou encore allongée avec un peu d'huile de noix et de vinaigre balsamique pour accommoder une salade de crudités. Ou en dip pour l'apéritif avec des bâtonnets de carotte et des bouquetons de chou-fleur?
Et en plus elle a le grand mérite d'être verte, ce qui, en cette semaine pré-électorale, ne pouvait que me faire plaisir... je ne fais pas mystère de ma couleur politique ;-)
Je vous donne les quantités à vue de nez (encore lui!) car je n'ai pas pris la peine de peser. Je n'ai pas jugé nécessaire d'assaisonner davantage, mais pour un résultat un peu plus relevé on peut bien sûr saler, poivrer, etc.
Ingrédients:
Une bonne poignée de roquette
100 g de fromage blanc
150 g de fromage de chèvre frais
Préparation:
Hacher grossièrement la roquette; la mettre dans le bol mixer avec le fromage blanc et le chèvre. Mixer le tout; déguster par exemple sur une tranche de pain, garni de quelques noix.
Pesto aux tomates séchées pour fille pressée
Vous aurez peut-être remarqué que j'ai du mal à alimenter mon blog régulièrement ces dernières semaines; il faut dire que je trouve à peine le temps de m'alimenter moi-même... "There are never enough hours in a day, but always too many days before Saturday" (Hanson's Treatment of Time). Il n'y a jamais suffisamment d'heures dans une journée, mais il y a toujours bien trop de jours jusqu'au samedi. Cette citation traduit assez bien mon état d'esprit actuel. Sauf qu'en ce moment les samedis ressemblent furieusement aux lundis, mardis etc etc. Même les dimanches y passent, bien souvent. Je n'ai pourtant pas très envie de succomber à la facilité des plats préparés, souvent bourrés d'additifs et conservateurs, trop salés, générateurs d'emballages polluants... sans parler du prix. J'ai donc préparé ce week-end un pot de pesto aux tomates séchées maison qui accompagne à merveille, par exemple, de délicieux spaghetti blé/quinoa à l'ail et au persil. On obtient ainsi en quelques minutes un repas sur le pouce très parfumé et réconfortant. Le quota en légumes et protéines n'est pas vraiment atteint, mais on peut compenser aux autres repas, prendre une salade en entrée, ajouter du jambon... J'avais également préparé voici quelques semaines un pot de pesto d'herbe à l'ail que m'avait très gentiment envoyé Lilo, du très beau blog Cuisine Campagne; mais mon étourderie m'a fait oublier de le prendre en photo. Quand je vous dis que je suis un peu secouée pour l'instant! Si vous ne connaissez pas ces feuilles merveilleusement parfumées, je vous conseille de les découvrir sans tarder, c'est succulent. Et comme mon cerveau est un peu trop molasson pour aligner des pensées cohérentes en fin de journée, vous me pardonnerez, j'espère, si j'emprunte à Alphonse Allais son humour et ses mots. "Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue". Bien dit, Alphonse, mais si tu veux mon avis, la victoire n'est pas pour bientôt!
Ingrédients:
Environ 100 g de tomates séchées à l'huile
40 g de parmesan
2 gousses d'ail
2 c.s. de pignons de pin
20 belles feuilles de basilic frais
huile d'olive vierge extra
Préparation:
Mettre les tomates séchées, le parmesan émietté, les gousses d'ail hachées grossièrement, les pignons (préalablement grillés à sec dans une poêle) et le basilic émincé dans le bol du mixer. Ajouter 2 c.s. d'huile d'olive et mixer pendant environ 1 minutes. Ajouter de l'huile d'olive, trait par trait, en mixant bien entre chaque ajout, jusqu'à obtenir la consistance souhaitée: cela doit donner une pâte relativement épaisse. Normalement le parmesan suffit à saler; goûter et rectifier éventuellement l'assaisonnement. Conserver dans un bocal au frigo.
Il est important d'utiliser une huile d'olive de très bonne qualité. Le pesto ne se chauffe normalement pas, on l'ajoute froid aux pâte cuites au moment de déguster. Il est aussi délicieux en tartinade, ou pour accomoder un poisson blanc, par exemple.
Rillettes d'azukis aux noix
Vous n'êtes pas sans savoir que Cathy, dans sa marmite magique, nous a mitonné un jeu sur le thème des rillettes pour rassembler des tas d'idées pour les apéros d'été qui s'annoncent. Les règles du jeu sont simples: pour citer Cathy,
- les rillettes peuvent être salées ou sucrées (mais pas de confitures !), tous les ingrédients sont envisageables !
- ce ne doit pas être une pâte à tartiner uniforme , il doit y avoir des morceaux et on doit pouvoir le tartiner
Immédiatement j'ai eu envie de préparer des rillettes à base de légumineuses. Je me suis plongée dans le livre de Claude Aubert, "Fabuleuses légumineuses", pour y trouver l'inspiration. Ce livre est une mine d'informations, de conseils utiles et de recettes
originales pour tout qui désire cuisiner intelligemment les
légumineuses. On y trouve notamment la recette du lobio, un pâté de haricots d'origine caucasienne, agrémenté de noix, oignons, ail et épices.
Il n'en fallait pas plus pour me décider: moyennant quelques modifications, cette recette a un potentiel certain pour se transformer en rillettes végétariennes savoureuses. Et pourquoi ne pas substituer aux haricots des azukis rouges, petite légumineuse venue du Japon et qui leur ressemble un peu? Mon stock d'azukis étant épuisé, je me suis rendue dans un magasin bio du centre-ville, pensant en trouver sans problème. La gérante m'a accueillie d'un air boudeur, comme toujours. J'ai du mal à comprendre son attitude repousse-client, à croire qu'on la dérange en entrant chez elle... Comme je ne parvenais pas à les localiser, j'ai pris mon courage à deux mains pour braver la Mégère. D'un geste dédaigneux, elle désigne une étagère proche en marmonnant sans me regarder "tout ce que j'ai en algues, c'est là". Un peu surprise, je rectifie: "euh, en fait c'est plutôt une sorte de petit haricot rouge". La réponse fuse, cinglante: "eh bien oui, c'est ce que je vous dis, tout est là". Pas l'ombre d'un azuki entre les wakamé et la salade du pêcheur, bien entendu. Je suis ressortie éberluée, en me promettant de ne plus y remettre les pieds avant longtemps. Par chance j'ai trouvé sans encombre les azukis tant recherchés dans un autre magasin, plus excentré, mais plus sympathique! Un sourire vaut bien quelques minutes à pied...
Une petite note sur la cuisson des azukis: ils ne nécessitent pas de trempage. Comme pour les autres légumineuses, on les met à cuire dans de l'eau froide non salée, mais additionnée des aromates souhaités, et on porte très lentement à ébullition. On laisse cuire très doucement, et on sale en fin de cuisson. Contrairement à l'eau de trempage qui doit toujours être jetée, on peut conserver l'eau de cuisson comme base pour une soupe, ou, comme ici, pour assouplir les rillettes.
J'ai été agréablement étonnée du résultat, bien relevé et très savoureux. Le jus de citron n'est pas présent dans le lobio, mais j'ai trouvé que la tartinade manquait un peu de peps, ce que le citron a eu vite fait de corriger. Le sésame, le cumin et la sauce soja sont aussi des ajouts de ma part. Je ne saurais dire si le cumin est réellement nécessaire, j'ai eu la main trop légère en le dosant et ne l'ai pas décelé au goût. Pour le reste, je suis vraiment convaincue!
Ingrédients:
150 g d'azukis
2 feuilles de laurier
100 g de cerneaux de noix
1 grosse gousse d'ail
1 gros oignon
Huile d'olive
Cumin
Poivre
1 c.c. de purée de sésame
Sauce soja
1/2 citron
Préparation:
Cuire les azukis dans 3 fois leur volume d'eau avec 2 feuilles de laurier. Veiller à ce qu'ils cuisent à petit feu, et éviter les gros bouillons.
Pendant ce temps, émincer l'oignon très finement. Réduire la moitié de l'oignon en purée (je l'ai fait avec mon petit hachoir). Faire revenir l'autre moitié des oignons dans un peu d'huile d'olive avec l'ail écrasé. Hacher les noix. Lorsque les haricots sont cuits (après au moins 1 h), les égoutter et réserver l'eau de cuisson. Retirer les feuilles de laurier et réduire les haricots en purée à la fourchette, en laissant des morceaux. Y ajouter l'oignon en purée, l'oignon et l'ail revenus dans l'huile, et les noix hachées. Mélanger. Ajouter la purée de sésame, un trait de sauce soja, du poivre, un peu de cumin et 1 c.s. de jus de citron. Bien mélanger, et ajouter si nécessaire un peu d'eau de cuisson jusqu'à obtenir la consistance souhaitée. On peut donner quelques coups rapide de mixer plongeur pour obtenir une consistance un peu plus crémeuse, mais il faut qu'il reste beaucoup de morceaux, sinon 1) c'est moins bon et 2) on est disqualifié du jeu de Cathy qui spécifie comme condition expresse la présence de morceaux (on les voit bien, là, pas vrai Cathy?). Rectifier l'assaisonnement. Ces rillettes se conservent jusqu'à 1 semaine au réfrigérateur.
C'est un régal sur un morceau de pain noir, de pain essénien, ou encore sur une cracotte suédoise au seigle... Si Cathy crée un fan-club des rillettes, c'est décidé, je m'inscris!














