pourpier

Pour mon 100ième billet, rien d'extraordinaire ni de spectaculaire... par contre, un plat tout simple qui reflète bien, je pense, l'esprit de ma cuisine. Dans mon panier de légumes de la semaine passée*, une belle botte de pourpier aux feuilles rondes et luisantes. En général, j'en fais une délicieuse soupe, mais cette fois l'envie m'a prise de l'accomoder en salade. Déjà, c'était inattendu: lorsqu'il fait froid, j'ai tendance à fuir la salade et à lui préférer en toutes circonstances un bon potage bien revigorant et réconfortant. Pour une fois que l'appel du cru se faisait sentir, je l'ai saisi à bras-le-corps!

Le pourpier est un aliment excellent pour la santé: il contient entre autres du fer, du magnésium et de la vitamine C en belle quantité. Ensuite, un autre produit bien de saison: une orange pas trop sucrée et bien savoureuse, pelée à vif. Pour compléter, des lamelles de poulet fermier cuites sur feu vif, pas trop, juste à point, et à peine refroidies. Et pour assaisonner le tout, une délicieuse vinaigrette à l'huile d'olive, vinaigre balsamique et miel (si l'orange est sucrée, on peut supprimer le miel pour éviter trop de douceur). J'étais à court de pignons de pin, sans quoi quelques-uns seraient venus décorer cette assiette composée et apporter une touche croquante.

Précédée d'une soupe (ben oui, quand même, on ne se refait pas) et accompagnée d'une tartine, voici une salade colorée** et vitaminée qui fait la part belle aux produits de l'hiver. Comme quoi en janvier, il n'y a pas que le chou! Je ne pense pas qu'une recette soit nécessaire: par personne, une poignée de pourpier nettoyé, une orange et 100-150 g de blanc de poulet, et tout est dit... On dispose joliment dans l'assiette, on répartit la vinaigrette, on parsème de l'une ou l'autre graine et on déguste sans plus attendre. C'est trop bon!

* A ce propos, je ne suis pas peu fière de moi: grâce à mes louanges répétées du système de paniers de légumes biologiques que je commande régulièrement au marché, et aux soupes que j'apporte régulièrement à midi (confectionnées grâce au contenu desdits paniers), pas moins de 3 de mes collègues s'y sont mises récemment avec bonheur et découvrent chaque semaine des légumes inattendus et originaux. Salsifis, radis noir, pourpier, cerfeuil, chou rave ou betterave rouge, autant de nouveaux venus dans leurs assiettes. Ouste la banalité; elles sont ravies, et moi aussi!

** Ce qui me ravit moins, bien entendu, c'est la courteur (courtitude? courterie? en deux mots, la non-longueur) des journées qui me force à prendre mes photos le soir à la lumière artificielle, d'où couleurs hideuses et images qui ne rendent pas justice aux plats. Nous sommes tous logés à la même enseigne... Mais on voit déjà les premiers signes encourageants: il ne fait plus noir quand je pars le matin! Un détail qui change beaucoup. Il n'y a rien que je déteste plus que d'arriver au bureau alors qu'il fait encore noir, et d'en repartir quand il fait déjà noir. Je trouve ça suprêmement déprimant!