26 avril 2007
Potatoes comme chez Matylda
Cette semaine je cours en tous sens comme un poulet sans tête, entre boulot, répétitions et réunions, pas moyen de cuisiner, encore moins de bloguer mis à part quelques minutes à la sauvette durant mes pauses... A défaut de recettes élaborées, je prends tout de même un instant pour vous proposer un accompagnement simplissime mais qui a fait sensation dimanche dernier avec le barbecue et les délicieuses aubergines alla caprese. J'avais vu passer chez Matylda des "potatoes à faire pleurer McDal" et en bonne altermondialiste, rien que le concept m'avait déjà enchantée. C'est sans nul doute un de mes coups de coeur patates! C'est succulent, épicé, délicieusement fondant sous une petite croûte, et on peut - non, on DOIT - les manger avec les doigts pour en profiter pleinement...
Ingrédients:
Pommes de terre (nouvelles de préférence, ou du moins pas trop terreuses)
Un filet d'huile d'olive
Sel
Poivre, piment de Cayenne...
Herbes aromatiques: herbes de Provence, basilic, thym...
Epices au choix: paprika, cumin, pourquoi pas une pointe d'ail...
Préparation:
Laver soigneusement les pommes de terre. Ne pas les éplucher si la peau est bien nette. Les couper en quartiers, les déposer dans un grand récipient hermétique. Ajouter l'huile d'olive et tous les autres ingrédients choisis. Fermer le récipient et bien agiter pour répartir les épices. J'ai laissé mariner quelques heures en remuant énergiquement la boîte de temps en temps. Etaler les potatoes sur la plaque du four recouverte de papier cuisson. Cuire au four préchauffé à 200°C durant environ 35 minutes. Déguster immédiatement.
23 avril 2007
Aubergines alla caprese (tomates-mozza-basilic)
Contrairement à certaines, je ne suis jamais aussi heureuse que lorsqu'il fait très ensoleillé et CHAUD! C'est vous dire qu'hier j'étais de belle humeur. L'occasion rêvée de sortir le barbecue de son hibernation. Si si, faire un barbecue sans jardin, c'est possible! Il suffit d'un petit barbecue, et d'une terrasse un peu moins petite... Je suis même parvenue à l'allumer au premier essai, du jamais vu; cela me paraissait tellement improbable que j'avais déjà prévu le journal chiffonné pour la deuxième tentative! Par contre, un petit conseil: ne pas oublier de fermer la porte-fenêtre sous peine d'enfumer toute la salle de séjour... oui, ça sent le vécu! Pour patienter pendant que les brochettes cuisaient, une petite entrée estivale vite préparée, piochée dans le dernier Télémoustique (y a pas de sotte source d'inspiration): des tranches d'aubergine grillées fourrées de tomate, mozzarella et basilic. S'il y a bien quelque chose que je ne parviens pas à réussir, ce sont les aubergines au four: elles finissent toujours caoutchouteuses et insipides, c'est désespérant. Par chance M. Delhaize a pensé à moi et vend des paquets de tranches d'aubergines grillées surgelées. Alors plus d'hésitation; c'est tout simple, avec un petit parfum de vacances...
Ingrédients: pour 4 personnes (en entrée)
300 g de tranches d'aubergines grillées
2 tomates
environ 200 g de mozzarella en bloc (celle en boule fond trop vite)
basilic frais
sel et poivre
huile d'olive
quelques gouttes de vinaigre balsamique
Préparation:
Sortir les tranches d'aubergines du congélateur. Lorsqu'elles sont dégelées, découper les tomates et la mozzarella en tranches; poser sur chaque tranche d'aubergine une tranche de tomate, une tranche de mozzarella, saler et poivrer, ajouter du basilic frais et repliez la tranche d'aubergine pour former de petits paquets. Les maintenir fermés à l'aide de cure-dents. Pour les plus petites tranches, les fourrer comme des sandwiches en les superposant. Les badigeonner d'huile d'olive et les faire chauffer 10 à 15 minutes au four préchauffé à 180°C (je me suis dit, après coup, que j'aurais pu essayer de les fondre directement sur le barbecueà. Arroser de quelques gouttes de vinaigre balsamique, parsemer de basilic frais ciselé et servir sans attendre.
21 avril 2007
Briochettes façon hot cross buns: la perfection est de ce monde
Il y a une région de Belgique, la Province de Luxembourg pour être précise, dont le slogan est "Une ardeur d'avance". Eh bien moi avec cette recette, j'ai plutôt une ardeur de retard. Vous connaissez certainement les hot cross buns, ces petites brioches épicées aux raisins secs, légèrement carrées et garnies d'une croix, qui sont traditionnellement dégustées le vendredi Saint. Lors de mon année en Irlande, je les ai découverts, achetés encore chauds au "Queen of Tarts" en face de mon appartement. Je rêve de retourner à ce petit salon de dégustation qui proposait petits déjeuners et lunches à se damner.
Dernièrement j'ai repensé à cette période, et j'ai été envahie par une irrésistible envie de planter mes dents dans une petite brioche moelleuse et parfumée.
J'ai essayé de me concentrer sur mon travail du moment, mais ces briochettes ont peu à peu envahi tous les recoins de mon cerveau jusqu'à ce qu'il me soit impossible de penser à autre chose. Dans ces cas-là, la meilleure façon de se débarrasser de l'envahisseur, c'est encore de lui céder. Comme le dit Oscar Wilde, dont l'humour décalé et cynique me réjouit profondément, "The only way to get rid of temptation is to yield to it... I can resist everything but temptation". Si c'est Oscar qui le dit... Sans plus tarder j'ai ouvert le livre de Pascale, Cookies, Muffins & Co, et me suis lancée dans la réalisation de mes premiers hot cross buns. Vu que j'avais un peu raté le coche, j'ai supprimé la croix et les ai faites rondes. Dans la foulée j'ai enlevé les écorces d'orange confites, mais à part ça j'ai suivi la recette à la lettre. Oui, vous avez bien lu: j'ai laissé au placard mes farines complètes et beurres d'oléagineux. Je ne suis pas intégriste, malgré les apparences: je cherchais à retrouver le goût de ces fameux buns, et pour cela, en avant farine blanche et beurre de ferme (en quantité modérée, 50 g pour 12 buns, il n'y a pas mort d'homme tout de même). L'exercice du pétrissage m'intimidait un peu, mais après quelques minutes cela devient automatique. Après le temps de pousse de rigueur, et la cuisson, je me suis presque brûlé les doigts tant j'étais pressée de les entamer. On tartine d'un peu de beurre et d'une bonne confiture de framboises. On ouvre la bouche, on... bon, pas besoin de vous faire un dessin.
Et là, oh bliss! Bliss and heaven! Un moment de pur bonheur gustatif. C'est d'abord la consistance qui me ravit, la mie est superbe, bien filante, douce et moelleuse. Ensuite, le goût, tout aussi séduisant. Cette recette est parfaite! Grâce à Pascale, je peux me recréer un petit bout d'Irlande chez moi, dès que le besoin s'en fait sentir... Je pense simplement que la prochaine fois (car prochaine fois il y aura) je ne les glacerai pas avec le sirop sucré, pour garder un aspect un peu rustique et éviter que cela ne colle aux doigts!
Mise à jour: Rosine me signale gentiment en commentaire que Pascale a publié une recette de hot cross buns sur son blog. Ce n'est pas exactement la même que celle de son livre, mais elle en est très proche. Vous pouvez la voir ici.
20 avril 2007
L'Atelier des Chefs ouvre à Bruxelles!
Un petit faire-part pour vous annoncer que l'Atelier des chefs ouvre le 7 mai prochain sa première maison hors de France, à Bruxelles en l'occurrence. Requia m'a communiqué l'information, je vous la relaie avec grand plaisir! Le programme des cours est visible ici. Ca se passera
17 rue des Chartreux à 1000 Bruxelles (en plein centre, à deux pas de la Bourse). Qu'ils s'attendent à me voir débarquer bien vite! Avis aux amateurs... Mitsu, ça te dirait?
18 avril 2007
Crème de myrtille à l'agar-agar, coulis de citron au miel
S'il prenait la lubie à un curieux d'effectuer une petite étude diachronique du mot "agar-agar", j'ai comme l'impression qu'il constaterait une croissance exponentielle de sa fréquence d'utilisation depuis quelques mois! L'agar-agar est dans le vent, et on ne peut que s'en réjouir. Me croirez-vous si je vous dis que j'étais déjà adepte de la petite poudre blanche magique avant qu'une série d'événements ne la projette à l'avant de la scène culinosphérique? Sans très bien comprendre pourquoi, j'ai toujours ressenti de la réticence face à la gélatine. L'agar-agar étant son alternative végétale, c'est tout naturellement que je me suis tournée vers lui depuis longtemps déjà. Je me suis bien entendu procuré le très beau livre de Clea dès que j'ai pu mettre la main dessus, pas évident dans ma petite ville belge.
J'ai également promis à Hélène de faire fonctionner mes méninges pour participer à son jeu de l'agar-agar en folie. Pour ma première contribution c'est chez Grignote et Barbotine que j'ai pêché mon idée: elle a publié récemment de sublimes petites crèmes de mangue dont la texture me semblait parfaite. J'avais un bocal de purée de myrtille bio (de la marque Danival) qui a remplacé la mangue. Je préfère les crèmes végétales à la crème fraîche de vache, j'ai donc pris de la crème d'avoine. Comme j'aime beaucoup l'association myrtille-amande, une toute petite goutte d'huile essentielle d'amande est venue parfumer la crème, qui a été sucrée au sirop d'agave. Ces crèmes sont un délice, elles se tiennent très bien sans être trop gélifiées, la pointe d'arôme d'amande est juste assez présente. Pour qu'une pointe d'acidité vienne relever la douceur des fruits, j'ai préparé un très rapide coulis de citron au miel inspiré de cette recette du Placard d'Elle. Ici, je dois vous faire un aveu: la façon orthodoxe de procéder consiste à faire épaissir ce coulis au bain-marie, mais par manque de temps j'ai succombé aux sirènes du micro-ondes, en me disant "on verra bien ce que ça donne"... Le résultat est tout à fait satisfaisant: d'un jaune éclatant, le coulis acidulé met merveilleusement en valeur la crème de myrtille. Et puis, le contraste de couleurs entre le jaune vif du citron et le violet profond de la myrtille est vraiment joli, vous obtenez un dessert chic mais tout simple à réaliser. Un des meilleurs desserts que j'aie réalisés, et en plus c'est sain, léger et rapide. Parfois, ça fait du bien de le dire: je suis plutôt fière de moi! Une douceur à faire et à refaire, en variant les fruits et les parfums...
Un deuxième et dernier aveu: si je manquais de temps, c'est que j'ai préparé les crèmes hier soir juste avant d'aller dormir et que, trop impatiente de goûter au résultat pour attendre mon retour du bureau, j'en ai mangé une ce matin, en guise de déjeuner! Vu que l'organisation matinale n'est pas mon fort, vous comprendrez mieux la nécessité de recourir à des astuces économes en précieuses secondes!
Crème de myrtille à l'agar-agar
Ingrédients: pour 4 crèmes
250 g de purée de myrtille non sucrée (fraîche ou en bocal)
2 c.s. de sirop d'agave
250 ml de crème d'avoine
2 g (1 c.c.) d'agar-agar
Facultatif: 1 goutte (attention, une seule, toute petite goutte) d'huile essentielle d'amande
Préparation:
Si vous désirez utiliser l'huile essentielle d'amande, en incorporer une goutte au sirop d'agave et bien mélanger. Ajouter la purée de myrtille et mélanger à nouveau. Dans un petit poêlon, diluer l'agar-agar dans la crème d'avoine, porter à ébullition et laisser frémir 30 secondes. Verser sur la purée de myrtille et bien battre ensemble. Répartir dans les moules choisis, que vous aurez au préalable remplis d'eau froide, et vidés juste au moment de verser la crème, pour faciliter le démoulage (un truc imparable donné par Clea dans son livre). Laisser refroidir à température ambiante, puis placer au réfrigérateur au moins 1 heure.
Coulis de citron au miel (au micro-ondes, prêt en 2 minutes chrono)
Ingrédients:
2 jaunes d'oeufs
2 c.c. de miel
Le jus d'un gros citron
10 cl d'eau
2 c.c. rases de fécule de mais (Maïzena par exemple)
Préparation:
Mettre le miel dans un bol allant au micro-ondes. S'il n'est pas liquide, le chauffer très légèrement pour le liquéfier. Ajouter les jaunes d'oeufs et battre énergiquement. Verser le jus de citron et mélanger. Diluer la fécule dans l'eau, ajouter au premier mélange et bien remuer. Mettre le bol dans le micro-ondes et faire chauffer quelques dizaines de secondes en surveillant très attentivement; dès que la préparation gonfle, la sortir et mélanger. On obtient un coulis relativement épais, d'un beau jaune vif.
Présentation:
Verser une petite louche de coulis à peine refroidi sur chaque assiette. Démouler soigneusement les crèmes par-dessus, en insérant entre la crème et le moule une pointe de couteau mouillée, et en faisant le tour pour détacher. Décorer de quelques amandes effilées et laisser tomber quelques goutte de jus de myrtille sur le coulis.
16 avril 2007
Petits sablés amande-tonka de Valérie
Les petits biscuits que voici viennent tout droit du blog de Valérie Cuisine et Voyage, je les ai réalisés la veille de Pâques. Ils étaient l'excuse rêvée pour inaugurer mon lot de fèves de Tonka ramenées de Bruxelles. Le blog de Valérie propose une cuisine saine dont je me sens proche: la plus naturelle possible, alternatives végétales aux produits laitiers et carnés, cuissons douces, pour une alimentation vivante et vivifiante. Elle a d'ailleurs publié récemment deux recettes à base d'orties qu'il me tarde d'essayer! Lorsque j'ai lu la recette de ces sablés à la fève tonka, je n'en ai pas cru mes yeux: impossible de modifier, parce que tout est exactement comme j'aurais choisi de le faire: purée d'amande, farine d'épeautre, sucre de canne... sauf que, sauf que, comble du comble pour des biscuits à offrir le jour de Pâques, pas l'ombre d'un oeuf au frigo. Par chance celui de la pâte est facultatif. Valérie conseille par contre de ne pas omettre le jaune d'oeuf pour dorer, afin de préserver le moelleux des biscuits. Faute de mieux, j'ai donc glacé les biscuits au lait de riz sucré avant de les enfourner.
La consistance de la pâte crue m'a un peu surprise: le seul mot qui me vient à l'esprit est "gluante". Impossible de couper des tranches rondes dans le boudin qui avait pourtant sommeillé plusieurs heures au frigo, il refusait obstinément de garder sa forme, s'écrasait par endroits, et collait allègrement aux doigts et à l'assiette. En cuisant ils gardent le dessin de cette texture étonnante, la surface n'est pas lisse, plutôt boursouflée. Mais lorsqu'on les croque, ils sont un peu croustillants sur le bord et assez moelleux à l'intérieur; leur goût est délicat et doux. Je pense que j'aurais pu mettre plus de fève Tonka: j'ai râpé 3/4 d'une fève moyenne, je pense que ce n'était pas suffisant. Par contre l'odeur est divine, cela embaume tout sur son passage! Je les referai donc, c'est certain, avec plus de fève et les jaune d'oeufs préconisés.
Ingrédients: pour une vingtaine de biscuits
200 g de farine d'épeautre
100 g de sucre de canne blond
1 pincée de sel
Fève tonka râpée (ne pas lésiner sur la quantité!)
1 jaune d'oeuf (facultatif) + 1 pour dorer (à défaut, lait végétal ou de vache, sucré)
100 g de purée d'amande blanche
10 cl d'eau
Préparation:
Mélanger la farine, le sucre, le sel et la fève tonka râpée dans un saladier. Ajouter la purée d'amande et sabler du bout des doigts. Ajouter le jaune d'oeuf si on le met. Verser l'eau progressivement jusqu'à ce que la pâte forme une boule (il est possible qu'il ne faille pas mettre toute l'eau). Former un ou deux gros boudins et laisser reposer plusieurs heures au frigo. Découper des tranches d'environ 1 cm d'épaisseur et les badigeonner de lait sucré ou de jaune d'oeuf. Les disposer sur un papier cuisson et cuire un petit 1/4h au four préchauffé à 180°C, en surveillant.
14 avril 2007
Tarte cannelle, pommes et coulis d'abricots secs de Laurence Salomon
Depuis que j'ai craqué pour le très beau livre de Laurence Salomon, "Fondre de plaisir", je ne me lasse pas de le parcourir. Non seulement les recettes proposées sont très tentantes, équilibrées et superbement illustrées, mais chacune est conclue par une rubrique "Formes et bien-être", pour, comme l'écrit Laurence Salomon sur la quatrième de couverture, mieux comprendre leur aspect nutritionnel afin de créer chaque jour des repas bons, beaux, sains et digestes... pour fondre de plaisir". Dans cette cuisine originelle les douceurs ne sont pas interdites, tout un chapitre leur est consacré. J'ai déjà réalisé le merveilleux Clafoutis aux cerises, crème d'amande et lait végétal, qui s'est révélé succulent. Cette fois, pour finir en beauté mon repas si bien entamé par trois douces mousses de légumes, j'ai jeté mon dévolu sur la jolie Tarte cannelle aux pommes râpées et crème d'abricots secs au lait d'avoine. J'avais tous les ingrédients en magasin, ou du moins ceux qui me manquaient pouvaient aisément être remplacés par des équivalents. On ne se refait pas! Mais les modifications apportées ici sont vraiment mineures, et le résultat final très proche de l'original, encore une chose qui me plaît dans cet ouvrage!
Cette tarte est un régal. L'idée de réduire les pommes en tout petits morceaux et de les cuire dans une purée d'abricots secs au lait végétal donne un résultat très fondant sur une pâte rustique et délicieuse. La recette me plaisait tant que je n'y ai presque rien changé. Quelques petites modifications tout de même: il fallait râper les pommes avec une grosse râpe, mais comme je n'en ai pas j'ai été bonne pour tailler mes pommes en minuscules alumettes! J'ai remplacé la margarine de la pâte par de la purée de noisettes (on ne se refait pas) et le lait d'avoine par du lait de riz. Il est prévu de servir la tarte avec un petit verre de lait d'avoine vanillé aromatisé d'une pointe de confiture d'abricots, et un petit coulis d'abricots secs. J'ai eu envie d'associer à la saveur des pommes et des abricots la douceur d'une petite crème à l'amande de Valérie Cupillard. Nous avons vraiment beaucoup apprécié cette tarte très saine, sans sucre ajouté car ellle est naturellement sucrée par les fruits, ce qui leur permet d'exprimer toute leur saveur. Je vous livre la recette telle que je l'ai réalisée, avec entre parenthèses les quantités indiquées dans le livre.
Ingrédients: pour 8 petites parts, 6 moyennes, ou 4 grandes (8-10 personnes)
150 g de farine de blé complète
50 g de petits flocons d'avoine
70 g de purée de noisettes (70 g de margarine spéciale cuisson)
1/2 c.c. de cannelle
un peu d'eau
2 grosses pommes Boskoop (7 pommes acidulées)
10 abricots secs bio
200 ml de lait de riz vanillé (lait d'avoine vanillé)
Cannelle en poudre
Quelques flocons d'avoine
1 yaourt de soja nature
50 g de purée d'amandes
30 g de sirop d'agave
Préparation:
Mélanger la farine, les flocons d'avoine et la cannelle, et les sabler avec la purée de noisettes. Ajouter un peu d'eau pour former une boule de pâte souple et laisser reposer.
Au moins une heure avant, laver les abricots secs et les laisser gonfler dans le lait de riz au réfrigérateur. Abaisser la pâte au rouleau et en foncer un moule à tarte. Couper les pommes en quartiers, les peler et les découper en tout petits morceaux. Mixer les abricots avec le lait d'avoine afin d'obtenir une crème lisse. Mélanger cette crème aux pommes râpées et verser cet appareil sur la pâte. Saupoudrer de cannelle et de quelques flocons d'avoine. Cuire environ 30 minutes dans le bas du four préchauffé à 170°C.
Mélanger le yaourt de soja et la purée d'amandes bien fluide; ajouter le sirop d'agave et réserver 30 minutes au frigo pour que la crème fige un peu.
Mixer un peu de lait de riz vanillé et 1 c.s. de confiture d'abricots pour obtenir un coulis.
Pour servir, placer une part de tarte sur chaque assiette, décorer d'un trait de coulis d'abricots et présenter le bol de crème d'amande à part. Cette crème, très fondante et douce, est vraiment délicieuse en accompagnement de tout dessert aux pommes.
12 avril 2007
Printemps ou hiver? Légumes indécis en mousses légères
Le printemps est arrivé, tout l'annonce autour de nous: les arbres en fleurs, les journées s'allongent et les manches raccourcissent, les couleurs tendres prennent possession du paysage, bref, un petit air de renouveau et la nature toilettée qui sort de son sommeil (pas trop profond cette année). Témoin cette délicate fleur de poirier surprise au saut du lit alors qu'elle se chauffait paresseusement les pétales à la lumière pascale de ce dimanche matin:
C'est cette impression de fraîcheur printanière que j'ai tout de suite ressentie en voyant la recette de mousse d'asperges à la purée d'amande publiée par Valérie, notre gourmande bleue. Elle m'a immédiatement séduite et je m'en suis largement inspirée pour l'entrée légère que j'ai réalisée mardi à l'occasion d'une visite paternelle.
Malgré tout, l'hiver n'a pas encore totalement cédé la place, il s'attarde encore un peu: poireaux et navets, topinambours et chicons côtoient les asperges nouvelles sur les étals des maraîchers. C'est donc tout naturellement que j'ai associé à mes asperges topinambours et poireaux pour une entrée oscillant entre hiver et printemps. Partant de la mousse d'asperge aux amandes, j'ai préparé une mousse de poireaux aromatisée à l'huile de truffe (merci Natthou) et une mousse de topinambours à la muscade. Question esthétique, cela reste à améliorer, car les couleurs sont un peu ternes, mais pour les papilles ce fut parfait; chaque mousse est délicate et parfumée à sa manière, et le résultat est vraiment léger et savoureux.
En prélude à un cari de poulet, lui-même suivi d'une tarte pomme-cannelle-abricot de Laurence Salomon (recette à venir), cette petite entrée dégustée au soleil sur la terrasse, pour la première fois de l'année, nous l'a finalement confirmé: plus d'hésitation qui tienne, le printemps est bien là, pour notre plus grand plaisir!
Les quantités ci-dessous sont celles que j'ai utilisées, chaque mousse fait donc 1/3 d'assiette pour 2 personnes...
Mousse d'asperges à la purée d'amande:
Couper la tête de 6 belles asperges vertes (il faut savoir être cruel parfois), peler soigneusement les tiges et les cuire à la vapeur durant 20 à 25 minutes; 5 minutes avant la fin de la cuisson, rajouter les têtes. Réserver les têtes pour la décoration et mixer les tiges avec 2 c.c. de purée d'amande blanche, sel et poivre.
Mousse de poireaux au citron et à l'huile de truffe:
Laver un gros blanc de poireau, l'émincer finement et le cuire à couvert dans un fond d'eau, ou d'huile, environ 10 minutes avec sel et poivre. Lorsqu'il est bien tendre, en mixer environ les 2/3 avec 1 c.c. de jus de citron et 1 c.c. d'huile de truffe.
Mousse de topinambour à la muscade:
Cuire à la vapeur 4 topinambours moyens préalablement lavés. Lorsqu'ils sont cuits, les peler. En découper un en petits cubes et réserver pour la décoration, mixer les 3 autres avec un trait de lait (vache ou soja), sel, poivre et muscade.
Présentation:
Dresser sur chaque assiette la moitié de chaque mousse. Décorer la mousse d'asperges des têtes réservées, celle de poireaux de l'émincé restant, et celle de topinambours des petits cubes réservés. Parsemer éventuellement d'herbes (cerfeuil, persil...). Servir tiède.
09 avril 2007
Pommes de terre farcies à la cancoillotte
"La cancoillotte, kézaco?" Telle aurait été ma réaction voici encore quelques mois. Je n'en avais jamais entendu parler avant de commencer mon blog. Je l'ai ensuite croisée à quelques reprises au fil du net, intriguée par son prénom incongru, mais sans faire plus ample connaissance avec elle. Jusqu'à ce que Kashyle, blogueuse délicieuse, m'en fasse parvenir un pot. Il convenait dès lors de soigner notre rencontre, les premières impressions sont si importantes! Sur les conseils de Mitsu, voici comment je l'ai étrennée: avec des pommes de terre farcies à la cancoillotte et au jambon cru (que les végétariens remplaceront par du tempeh fumé). Ce n'est même pas vraiment une recette tellement c'est simple, mais c'était si bon que je ne résiste pas à partager ma découverte avec vous. La cancoillotte et moi nous retrouverons volontiers pour de nouvelles aventures!
Ingrédients: par personne
1 grosse pomme de terre farineuse
1 belle c.s. de cancoillotte
1 tranche épaisse de jambon cru de pays
Quelques brins de ciboulette
Sel et poivre (j'ai utilisé mon excellent sel au piment d'Espelette, 2 en 1!)
Préparation:
Cuire les pommes de terre en chemise. Les laisser refroidir quelques minutes, puis les couper en deux, les évider et mettre la chair dans un bol. L'écraser à la fourchette et y ajouter la cancoillotte, le jambon coupé en petits morceaux, la ciboulette ciselée, sel et poivre. Farcir les coques de pommes de terre de ce mélange. Disposer les pommes de terre farcies dans un plat, et les faire gratiner au four préchauffé à 180°C (15 à 20 minutes). Servir avec une salade: pour moi, betterave rouge crue râpée aux graines de courge et tournesol grillées. Un régal, foi de bouche à oreille!
06 avril 2007
Retour vers le futur: 3x2 + 3x7 = 25
D'outre-mer m'est arrivée, voici quelques semaines déjà, une gentille invitation: mon amie Lolotte (qui fêtait hier son anniversaire, ça ne vous aura pas échappé) me demande de lever un coin du voile et de revenir, l'espace d'un billet, sur ces années écoulées depuis que, voici 25 ans, j'ouvris la bouche et je tendis l'oreille, pour la toute première fois... nous ferons escale, si vous le voulez bien, par 2 et par 7, comme le veut le questionnaire.
1982 J'ai 1 an et un grand frère. A la maternité, les médecins et les infirmières ont défilé auprès de mon berceau, non pas pour admirer la beauté incomparable du nouveau-né qui s'y prélassait, mais pour s'exclamer à la vue de la tignasse sombre et inhabituellement fournie qui, déjà, me caractérise. Rarement nourrisson fut plus chevelu! Durant l'été, je prends plaisir à ramper, puis marcher, sur les terrains les plus inhospitaliers, plus spécialement toute surface recouverte de graviers. Je rouspète et je tempête lorsque l'attention maternelle tente de me ramener vers des chemins plus doux sous la peau. Peine perdue, dès qu'elle a le dos tourné, je retourne obstinément me rouler dans les cailloux. Et toujours pieds nus! Certaines liront là les premiers signes de mon côté hippie et va-nu-pieds... Une ascendance fakir, peut-être?
1987 J'ai 6 ans, et un petit frère est venu agrandir la famille il y a 4 ans. Je porte de grandes lunettes rondes depuis un an déjà, et tous les matins ma maman me fait deux tresses. Je rentre à l'école primaire, une petite école de village qui rassemble, pour les 6 années, à peine plus d'une cinquantaine d'élèves. J'ai un amoureux: Nicolas, dont les parents ont quitté le Cambodge devenu trop dangereux. Les adultes s'attendrissent de nous voir si fidèles. Nous nous asseyons l'un à côté de l'autre tous les jours au réfectoire, et discutons des prénoms de nos futurs enfants. Heureusement que ceux-ci sont restés à l'état de projet, sinon à l'heure où je vous parle l'humanité compterait dans ses rangs une petite Orangeade. Je n'aime pas mon prénom, cela m'agace qu'il existe aussi en adjectif, on l'entend à tout bout de champ dans la conversation. En plus j'ai les cheveux et les yeux sombres! A quoi mes parents pensaient-ils donc? Je décide que si d'aventure ma fille est aussi une brunette (ce qui risque d'arriver avec un père Cambodgien), elle s'appellera Foncée, na! Orangeade et Foncée, une jolie progéniture en perspective... Déjà, 3 de mes plus grandes passions sont en bouton, leur éclosion est amorcée. Je clame à qui veut l'entendre que je voudrais devenir boulangère quand je serai grande. J'ai commencé l'éveil musical à 4 ans, et le piano à 5. Bientôt je saurai lire, cela sera et restera l'une de mes plus grandes joies. Je ne me doute pas encore que "V: Valérie lave le vélo" et autres phrases un peu ridicules m'ouvriront les portes d'un univers infini où je me perdrai des jours entiers, mais je prends déjà plaisir à déchiffrer les lettres. La cuisine, la musique et la lecture, 3 mots qui rythment ma vie encore aujourd'hui... Je me dispute tant que je peux avec mes deux frères, mais dans le fond on s'aime bien. Ces accrochages fréquents, associés à un sens de la répartie pas toujours apprécié par l'autorité parentale, font que les divers "coins" de la maison n'ont plus de secret pour moi. Je commence à me rendre compte que 1) tous les autres enfants ont une télévision chez eux et que 2) tous les autres enfants apportent des bonbons pour la récré. Pourquoi pas moi? Ces injustices, dont je suis aujourd'hui reconnaissante à mes parents, m'indignent profondément, et feront l'objet de nombreuses campagnes de persuasion aussi vaines les unes que les autres.
1992 J'ai 11 ans. Nous sommes maintenant 4 enfants, ma petite soeur a déjà 4 ans. Nous avons déménagé, à mon grand désarroi, et la nouvelle maison s'assortit d'un grand lopin de terre laissé en pâture à une vache solitaire. Mon papa a vite fait de nous le transformer en jardin extraordinaire, exubérant, sauvage et soigné à la fois, qui met tous les sens en éveil! Ca fleurit et ça odore, ça bourdonne et ça pousse à vue d'oeil. On parcourt la pelouse moussue, en se délectant de l'élastique résistance sous la plante des pieds nus; on écoute les bourdons vrombir et les grenouilles coasser; on respire les roses aux noms si farfelus: Cuisse de Nymphe est mon favori! Les yeux ne savent où se poser, tant de merveilles à admirer. Et les papilles, bien sûr, fruits rouges et fruits du verger, légumes du potager, herbes comestibles, rien n'échappe à nos dents à l'affût! C'est le jardin qui me réconciliera avec ce nouveau domicile, que j'étais pourtant bien décidée à prendre en grippe! Malgré tout, il faut souvent me forcer à sortir prendre l'air, tant la compagnie de mes livres m'est chère. Je lis le jour, je lis la nuit, je lis la semaine, je lis le week-end, je lis chez moi, chez mes amis, je lis partout et tout le temps! J'ai arrêté le piano pour commencer le violon, j'en joue depuis 3 ans déjà. Après une période éprouvante pour toute la famille, j'arrive à tirer de mon instrument des sons s'éloignant raisonnablement du chat qui miaule. Et je patouille dans la cuisine, des desserts surtout.
1997 J'ai 16 ans. Le jardin est si grand qu'il est difficile à entretenir. Disputes et insolences auront désormais des conséquences aux allures de travaux d'intérêt général: le tarif pour une riposte impolie est d'arracher 100 chardons, impitoyablement comptés en fin de labeur. Notre collaboration est aussi nécessaire pour désherber les pavés devant la maison, ce que mon père persiste à appeler "faire le trottoir" malgré que je lui fasse remarquer que l'expression est plutôt malheureuse... Je réussis très bien à l'école, mais je n'y suis pas épanouie: beaucoup de mes camarades me considèrent comme "l'intello" et me le font sentir. Par contre je suis nulle en maths (il suffit de voir le titre de ce billet), ou plutôt ça m'ennuie alors je ne fais aucun effort pour m'y intéresser, mon père ingénieur civil s'en arrache les poils de la barbe de désespoir. J'ai repris le piano et je poursuis le violon, je lis toujours autant, je pâtisse toujours autant.
2002 Après avoir hésité une année entre le violon et les langues étrangères, ce sont ces dernières qui ont remporté la bataille: j'irai à l'université. J'y suis entrée en 2000, et depuis je vis un cocktail heureux et réussi fait de sorties et d'étude. La bière et les syllabi font bon ménage chez moi! Je rencontre sur les chaises d'auditoire une bonne proportion de mes amis les plus chers. En 2002 je reviens de 4 mois à Berlin dans le cadre d'un échange Erasmus. Une expérience merveilleuse, durant laquelle j'initierai mon co-voyageur à l'art de la cuisine. J'en suis très fière: lui qui se bornait à réchauffer des plats avant notre départ prend maintenant plaisir à mitonner des petits plats pour son entourage.
2007 J'ai encore 25 ans, mais plus pour très longtemps. Je profite de mes derniers moments au tarif réduit dans les transports en commun: dans quelques mois, je serai officiellement bannie du groupe des "jeunes", ça fait mal! Beaucoup de changements depuis 2002: j'ai eu mon diplôme en 2005. En 4 ans j'aurai étudié dans 3 pays et 4 universités! Après Berlin, c'est Dublin qui m'a accueillie pour toute une année scolaire; c'est l'année la plus excitante que j'aie vécu, lorsque je retourne à Dublin c'est un peu rentrer chez moi... on s'approprie les rues, les bâtiments, les paysages. Depuis un an et demi, je travaille à l'université comme chercheuse; je me lance dans un doctorat, on verra où ça nous mène... L'ambiance au boulot est excellente, nous sommes une équipe exclusivement féminine, et nous nous entendons comme cul et chemise, si vous me passez l'expression.
Je suis en passe de devenir tantine pour la première fois, et je trouve ça tout simplement merveilleux. J'ai maintenant mon "chez moi", mais pas de voiture, par choix: j'habite dans la ville où je travaille, et dont tout le centre est piéton; nul besoin donc de m'encombrer d'une machine qui engloutit pétrole et salaire! Pas de jardin non plus malheureusement, je me contente de quelques plantes et d'un beau balcon, pour l'instant. Suite à un diagnostic d'intolérance au gluten et à la caséine, j'entreprends des recherches pour trouver des substituts; ce qui aurait pu n'être qu'une mauvaise passe se révèle providentiel, car grâce à ces interdits je découvrirai le monde enchanté de la blogosphère culinaire. Après l'avoir exploré quelques mois de l'extérieur, je suis passée de l'autre côté de l'écran, et mon blog va sur ses 3 mois. C'est long et court à la fois: un trimestre riche en découvertes et en rencontres, et présage de beaucoup d'autres...
2012 J'ai 31 ans, une cuisine de 30 mètres carrés, j'ai terminé mon doctorat sans encombres, j'habite dans une grande maison avec jardin, potager et verger. J'ouvre avec ma chère soeurette un petit salon de dégustation; je n'ai pas de TV, pas de voiture, le réchauffement climatique est enrayé, l'extrême-droite a disparu, au lieu des pylônes ce sont les éoliennes qui poussent à l'horizon... un peu utopique ce dernier paragraphe, mais il est permis de rêver un brin quand on se projette vers le futur!
































