15 mars 2007
Blog appétit 10, dôme de mousse bicolore et confit de chicons
Voici venu le temps des rires et des chants de Blog Appétit, 10ième du nom! Chicons et carottes, il n'est pas si évident de les associer... Ces deux-là, choisis par Mijo, m'ont donné bien du fil à retordre! J'avais promis à Laurent de ne pas faire un stoemp, j'ai tenu parole... En y réfléchissant, j'ai choisi de faire appel à un élément fédérateur: une chose qui peut les réunir, c'est leur mariage heureux avec le fromage de chèvre. Autour de ce point de rencontre j'ai imaginé un duo de mousses de légumes, présenté en dôme, sur une base croustillante et accompagnée d'un confit de chicons. La préparation, et surtout la cuisson, n'ont pas été sans mal; une mousse de chicons trop liquide pour servir de base à la deuxième couche, la préparation aux carottes qui a des poussées de liberté et s'échappe allègrement du moule, pendant que le confit de chicons attache joyeusement au fond de son poêlon... On recouvre de pâte qui ne s'en laisse pas conter et refuse obstinément de coopérer, trop large elle est, trop large elle restera! Après bien des péripéties et, je le crains, quelques jurons bien sentis, voici mes dômes sortis du four. Dans l'énervement général les heures ont filé bien vite, et voilà qu'il fait déjà sombre, je suis bonne pour prendre les photos sous la lampe du salon, ce qui n'est pas très flatteur:
Par contre, c'était bien bon. La mousse de chicons aurait pu être un peu plus relevée, et j'aurais dû imperméabiliser la pâte brisée pour éviter qu'elle ne s'humidifie. J'aurais pu également battre les blancs en neige, ce qui aurait accentué l'effet "mousse", mais à part cela je ne suis pas trop mécontente, même si cette recette n'est pas follement originale...
Ingrédients: pour 3 dômes
3 petites carottes (réserver quelques lamelles pour décorer)
2 chicons
50 g de chèvre
2 oeufs
1 yaourt de soja
Sel, poivre,
Piment de Cayenne
Romarin
Un peu de pâte brisée (celle-ci)
Confit de chicons pour accompagner
Préparation:
Mousse de carottes: faire cuire les carottes en petits morceaux à la vapeur. Les mixer avec 25 g de fromage de chèvre, 1 oeuf, 1/2 yaourt, sel, poivre et romarin. Réserver
Mousse de chicons: faire cuire les chicons émincés à l'étouffée. Les égoutter soigneusement et les mixer avec 25 g de fromage de chèvre, 1 oeuf, 1/2 yaourt, un peu de sel et une pincée de piment de Cayenne.
Cuisson: huiler 3 ramequins à fond arrondi, les décorer de quelques lamelles de carottes et répartir la préparation aux chicons. Mettre 10 minutes au four préchauffé à 180°C pour faire prendre légèrement. Sortir les ramequins, verser la préparation aux carottes et recouvrir d'un rond de pâte brisée. Remettre au four environ 20 minutes.
Démouler et servir frais accompagné de confit de chicons maison (j'y ai mis du romarin, pour rappeler celui des carottes et l'associer cette fois aux chicons).
Puisque les couleurs sont moches, tirons-en parti et poussons l'artificiel encore un peu plus loin: pop-art-pétit en 9 temps...
Auprès de mon arbre...
Tara Biscotta, la poète en tablier, puis dans son sillage Annelénor, la gourmande au bec sucré, m'ont gentiment conviée à me mettre au vert... me voici donc déclinée au naturel! A la lecture des réponses d'Elo au questionnaire que je lui avais transmis, j'ai admiré la réflexion derrière son billet, le soin qu'elle a pris à ne pas répondre à la légère... Je lui emboîte le pas, et dès lors une précision est de mise: les réponses représentent, non pas ce que je voudrais être ou ce qui me représente le mieux, mais plutôt ce qui me parle, ce dont je me sens proche, ce qui fait balancer mon coeur! Beaucoup de ces réponses sont empreintes de nostalgie, car la nature pour moi, c'est avant tout le jardin spacieux, foisonnant, fourmillant de vie, de fleurs, de bruissements, bourdonnements, vrombissements, de la maison de mes parents, une réalité qui me manque cruellement depuis que j'habite en ville.
Si vous étiez un arbre, vous seriez ?
Un robinier faux acacia... ses feuilles élégantes et délicatement découpées, ses fleurs parfumées délicieuses en beignet, cet arbrisseau planté à notre arrivée dans la maison et déjà si épanoui quelques années plus tard.
Un arbuste ?
Le groseiller à maquereaux, qui s'y frotte s'y pique, mais que de bonheur à la clé!
Une fleur ?
La nielle des blés. Une fragile et fine fleur sauvage rose tendre, annuelle, qui se resème à l'envi et a peu à peu envahi le potager familial au fur et à mesure que celui-ci était laissé à l'abandon... quand la nature reprend ses droits de si jolie façon, on n'a guère envie de les lui disputer!
Une aromatique ?
J'ai répondu précédemment en citant le romarin, je choisis à présent son concurrent le plus proche: le basilic fraîchement cueilli, coupé en lanières au dernier moment... une telle saveur dans une simple feuille verte, je m'en émerveille!
Une épice ?
Après la cannelle, je mets le cumin à l'honneur. Je l'ai longtemps boudé, je ne peux plus m'en passer!
Une plante aquatique ?
Le myosotis aquatique, ses petites fleurs bleues superbes me fascinent.
Un plante offerte (donnée ou reçue) ?
Un papyrus. J'en ai reçu une bouture d'une de mes amies les plus chères voici quelques années, la bouture a grandi, le papyrus a fière allure et s'élance vers des sommets toujours plus hauts, voici belle lurette qu'il m'a dépassée!
Un animal du jardin ?
Comme plusieurs qui m'ont précédée, je nommerai le hérisson, ce polisson furtif et timide, ce sac à puces plein de piquant, qui me plaît déjà depuis longtemps, à tel point que j'ai une petite collection de hérissons en peluche, pâte à sel et autres bricolages qui garnit une planche de mon étagère préférée! J'aime m'asseoir dehors à la tombée du jour et le guetter de l'oreille, un farfouillement de feuilles ou de branchettes, un pas maladroit et rapide, une ombre qui se presse à travers la pelouse, pfuit, il a déjà disparu!
Une saison ?
J'aime la chaleur de l'été, propice à tant de délices: fraises, framboises, prunes, cerises, les premières pommes d'août, marcher pieds nus sur la pelouse jaunie (j'en connais une qui va aussi sec me traiter de hippie... j'assume! Si je pouvais vivre pieds nus 24/7, ce serait fait depuis longtemps). Assister, émerveillée, à l'éclosion vespérale de l'insomniaque onagre bisannuelle, cette fleur jaune éphémère qui vaillamment sous mes yeux s'ébroue, se défripe, se déploie, spectacle miraculeux et fascinant chaque soir répété, chaque matin déjà fané.
Les illustrations ne sont pas de moi, j'ai sauvagement pillé le net, je le confesse... La faute est avouée, sera-t-elle pardonnée?










