Le premier qui me sort encore que tenir un blog de cuisine c'est une perte de temps n'a qu'à bien se tenir. Vous en connaissez beaucoup, vous, des gaspilleuses de temps qui ont leurs entrées VIP chez Pierre Marcolini?

Un soleil radieux brillait sur Bruxelles en ce samedi 3 février pour illuminer la première rencontre de blogueuses culinaires belges, à l'initiative de Mitsu (Tours et Tartines). Elle nous avait concocté, avec l'aide de Laurent (Epicurien, Blog appétit), un itinéraire gourmand que nous n'oublierons pas de sitôt.

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Entre blogueuses gastronomes qui se respectent, pas question de commencer notre périple le ventre vide. Appareil photo dégainé, nous prenons la direction d'Arcadi, un petit restaurant végétarien à deux pas de la gare centrale. Dans la vitrine s'alignent des tartes superbes, plus appétissantes les unes que les autres. Le patron, prévenu de notre visite, a accepté à titre exceptionnel de nous réserver des tables; nous avons même droit à une petite salle pour nous toutes seules au premier étage!

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La carte est simple mais délicieuse, le serveur d'une patience à toute épreuve. 15 blogueurs dans 20 mètres carrés, vous pouvez me croire, ça fait du bruit! On se mitraille de flash les unes les autres, on débat des vertus comparées de Kitchenaid et Kenwood... C'est là qu'on se rend compte que nous formons véritablement une communauté: quand on peut lâcher "Clea" ou "Mercotte", "sumac" ou "agar-agar" sans provoquer un regard vide chez son interlocuteur! Bref, la journée a bien commencé, d'autant plus que Nawal (Omo_chakir) nous avait préparé de splendides pâtisseries marocaines et que Micheline (Au jardin des délices) avait apporté des pralines à partager.

marcoliniUne fois les estomacs contentés, nous nous remettons en route sans plus tarder car notre première escale est prestigieuse: la boutique de Pierre Marcolini, chocolatier de renommée internationale depuis sa victoire à la Coupe du Monde de Pâtisserie en 1995. Rien que ça! Un brin intimidées tout de même, nous pénétrons dans cet univers aux allures de bijouterie de luxe: marcolini2les pralines précieuses brillent doucement dans leurs écrins, mises en valeur par le décor sobre et élégant tout en blanc et noir. Quoi d'étonnant, quand on sait que les fèves de cacao ont à une époque servi de monnaie d'échange, et valaient plus que l'or? Sans perdre de temps, nous nous mettons à mitrailler les vitrines pour être aussitôt rappelées à l'ordre par une vendeuse: pas de photos à l'intérieur du magasin. Un peu penaudes, nous nous demandons où l'on nous attend. Pierre Marcolini est malheureusement absent, mais nous sommes bientôt prises en charge par Olivier qui sera notre hôte pour l'heure qui suit. A partir de là, nous avons été traitées en reines! Nous commençons par flâner dans le magasin pour nous imprégner de l'atmosphère. Je glisse un mot à Olivier de l'interdiction de photographier, interdiction aussitôt levée: permission extraordinaire de déclencher nos flashes à notre guise. Nos reportages seront illustrés! Je confesse que j'ai pris un malin plaisir à retourner prendre en photo les comptoirs et étagères sous le nez de la pauvre vendeuse qui nous avait réprimandées...   

marcolini1Il s'avère bien vite que notre venue a été minutieusement préparée; visite guidée des deux étages commerciaux, et mémorable conférence-dégustation dans l'espace VIP du deuxième étage, sanctuaire où bien peu de mortels ont eu la chance de pénétrer... Bon, je deviens un peu théâtrale, mais nous avons réellement reçu un accueil très privilégié dont nous avons été ravies. Durant une bonne heure, Olivier nous a passionnées en nous contant l'histoire du chocolat et celle de Pierre Marcolini, en nous dévoilant les étapes de la fabrication d'une praline de qualité, en nous proclamant les nombreuses vertus avérées du chocolat (nous étions, il faut le dire, tout acquises à sa cause) et en répondant à nos questions plus ou moins saugrenues avec une bonne grâce que nous avons énormément appréciée. Et qui a dû lui coûter un certain courage: imaginez-le, seul représentant de la gent masculine face à une bonne dizaines de filles, et discourant à ses risques et périls des vertus aphrodisiaques du cacao tout en faisant circuler à la ronde des assiettes de pralines. Il sait en fait qu'il n'a rien à craindre, comme il nous l'expliquera rapidement... Pour la petite histoire, sachez que le chocolat est bel et bien aphrodisiaque, mais que pour en ressentir les effets il vous faudra en consommer l'équivalent d'1/10 de votre poids, soit la bagatelle de 5 kgs pour une personne qui en pèse 50. Et après avoir ingurgité ça, si vous vous sentez d'attaque pour une partie de jambes en l'air, je vous tire mon chapeau! Olivier peut donc nous tendre un plateau de coeurs écarlates sans avoir à payer de sa personne...

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L'exposé est donc entrecoupé de dégustations: nous nous sommes risquées à goûter des copeaux de grué de cacao, malgré les mises en garde d'Olivier. Même pas peur! C'est un peu amer, avec un petit goût de noix. Et, bien entendu, quelques pralines qui achèvent de nous convaincre que la réputation de leur créateur n'est pas usurpée. Je pense tout particulièrement à la ganache au thé Earl Grey, qui a provoqué des soupirs d'extase chez plus d'une! marcolini8Sans parler du petit carré noir de la "limited edition", qui fond en libérant des arômes de fruits rouges! Une fois qu'on a goûté à ces petits bijoux si raffinés, si concentrés en goût, les pralines bas de gamme n'ont plus qu'à aller se rhabiller... Nous avons glané une foule de petits renseignements utiles à replacer dans la conversation: "Non, tu vois, ici la couverture est trop épaisse, donc moins de place pour la ganache".... "Eh bien, il est peut-être gros ce Manon, mais c'est que de la crème et du sucre; quantité n'est pas qualité", "Tu sais si le chocolat est à base de fèves criollo? C'est la meilleure variété" ou encore, d'un air averti, "Ah, on sent que ce n'est pas une praline belge de qualité, le petit effet granuleux sur la langue, c'est parce que les fèves n'ont été broyées qu'à un degré de finesse de 30 microns".  Frimeuse, moi?

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Toutes les bonnes choses ayant une fin, voici l'heure de quitter la boutique, nons sans avoir reçu chacune un petit cadeau chocolaté. Des étoiles plein les yeux et les papilles en fête, nous revoilà en route, n'en revenant toujours pas d'avoir été reçues si gentiment.

A un jet de pierre de là, cachée dans une petite ruelle sur le haut du Sablon, se niche Claire Fontaine, une petite boutique discrète et sans prétention. clairefontaine1C'est encore une fois notre bonne fée Laurent qui nous avait renseigné l'adresse. A l'intérieur, nous découvrons une minuscule épicerie fine, véritable caverne d'Ali-Baba qui recèle mille et un trésors: les bocaux aux contenus fabuleux s'amoncellent sur les étagères de la pièce exiguë et encombrée par notre entrée massive. Sous nos yeux émerveillés, fèves Tonka et sumac voisinent avec poivre long, Sichouan ou cubèbe, ras-el-hanout, et des dizaines d'autres épices rassemblées sous une même enseigne. La vendeuse ne sait plus où donner de la tête, submergée par nos piaillements admiratifs. Encore une fois le choix est difficile. Pour moi ce sera (de gauche à droite) poivre long, poivre Sichouan et fèves Tonka.

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universth_L'étape suivante est située presque en face, toujours au Sablon: l'Univers du Thé. Ici encore nous sommes au paradis, ce magasin regorge de tous les parfums de thé possibles et imaginables. Il se chuchote même qu'on y trouve le rare thé vert matcha... Le vendeur nous prévient gentiment que "c'est un peu cher". Nous le regardons, blasées et un peu condescendantes; on est des connaisseuses, on le sait, que c'est cher! Combien exactement? "33 euros les 20 g". Gloups... rapide calcul mental, cela revient à... quoi? il doit y avoir erreur, c'est pas possible?! mais si, c'est bien ça, 1650 euros le kilo. Comme dans mille six cent cinquante. Bon. Ce sera pour quand j'aurai gagné à Euromillions, en attendant, ma cuisine se passera de thé matcha. Cette petite déconvenue ne nous empêche pas de partir à la découverte de ce palais dédié au thé. On ne sait plus où donner des yeux et du nez face à cette richesse d'arômes et de couleurs. Epinglé par Mitsu: le thé "Luna park" où entrent divers fruits et épices ainsi que du pop-corn!

Nous quittons ensuite le Sablon pour nous diriger au pas de course vers la Bourse et surtout le supermarché asiatique Kam Yuen, non sans l'arrêt obligatoire devant la biscuiterie Dandoy, Rue au Beurre (ça ne s'invente pas). Certaines commencent à la trouver longue... n'est-ce pas Micheline?

Bref, quelle journée! Une journée discutaille, boustifaille et photos à gogo comme il en faudrait plus souvent... D'ailleurs, une prochaine édition est d'ores et déjà prévue début juillet à l'occasion du passage dans notre plat pays de Ninnie, alias Mitaine Ecarlate. Avis aux amateurs!

Merci encore à Mitsu, Laurent, Micheline, Nawal, Aude, Rosine, Florence, Elo, Sophie, Viktoria, Fabienne, Audrey, Vinciane, Sarita et Naelya pour cette rencontre très réussie!

Carnet d'adresses:


Arcadi
Rue d’Arenberg 1B
1000 Bruxelles
02/511.33.43


Pierre Marcolini, Chocolatier
Rue des Minimes 1 (Place du Grand Sablon)
1000 Bruxelles
02/514.12.06


Epicerie Claire Fontaine
Rue Ernest Allard 3
1000 Bruxelles
02/512.24.10


L’Univers du Thé
Rue Bodenbroek 14
1000 Bruxelles
02/513.20.67


Kam Yuen
Rue de la Vierge Noire 2-4
1000 Bruxelles
02/512.58.33

 
Pour en savoir plus

Allez donc lire les comptes-rendus savoureux des autres blogueuses:

Mitsu (Tours et Tartines)
Elo (Les P'tits Gourmands)
Micky (Au jardin des Délices)
Aude (Cuisine Pop)
Nawal (La cuisine d'Omo_Chakir)
Rosine (La cuisine de Rosine)
Sophie (Sophie's Kitchen)