La fièvre blogueuse est une affection galopante qui fait chaque jour de nouvelles victimes. Elle agit en douce, "en stoumelinks" comme on dit dans mon cher plat pays, mais une fois qu'elle est là, bonne chance pour la déloger! Et voilà que j'ai été, à mon tour, contaminée...

Tout a commencé le plus innocemment du monde. Aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours adoré cuisiner. A l'age où d'autres fillettes rêvent d'être un jour coiffeuse où institutrice, mon ambition était de devenir pâtissière, et cette passion n'a pas diminué avec les années. Je me suis rapidement rendu compte qu'Internet était une véritable mine d'or pour les accro de cuisine dans mon genre. Au début, je me contentais de visiter à l'occasion l'univers Marmiton. Petit à petit, j'ai découvert les blogs culinaires, et la dégringolade a été amorcée... La connexion ponctuelle du style "mes parents viennent dîner dimanche, je me trouverais bien une nouvelle recette à essayer" s'est graduellement transformée en vérification méthodique et quasi quotidienne de toute une série de sites et blogs liés de près ou de loin à l'art de la table.

Depuis quelques mois, je m'octroie un petit plaisir en arrivant au bureau, avant même de me mettre à travailler quand je prends une pose bien méritée après plusieurs heures de dur labeur: je m'empresse de consulter ma page de bloglines pour voir lesquels de mes blogs culinaires favoris ont été mis à jour depuis ma dernière visite. Et quelle joie lorsque je découvre un nouvel arrivage! Je me dirige sans plus attendre vers le blog adéquat, et je me plonge avec délectation dans l'exploration dudit message. Qui contient un lien vers une autre recette. Qui me renseigne obligeamment un blog que je ne connais pas encore. Et une fois que j'ai mis le doigt dans l'engrenage, j'ai bien besoin de toute ma volonté pour quitter l'univers des recettes sur la Toile, sous peine d'y être engloutie sans retour tant je prends plaisir à m'y perdre, à explorer ses méandres et ses recoins.

Jusqu'il y a quelques jours, j'étais persuadée que ma double vie passait inaperçue et que j'effectuais mes escapades virtuelles matinales ni vu ni connu (je partage un grand bureau avec 4 collègues, mais vous pensez bien que j'ai vérifié, aucune d'elles n'a vue directe sur mon écran). Je me félicitais de ma discrétion, et me complimentais d'avoir mis au point un air concentré (j'analyse-mes-données-ne-me-dérangez-pas), assorti de quelques cliquetis de clavier bien dosés, qui me permettait de laisser libre cours en toute impunité à ma passion pour la prose culinaire. Car, si je m'entends à merveille avec mes collègues, je ne ressens nullement le besoin de renforcer l'étiquette (pas inexace au demeurant) d'écolo - bio - végétarienne - gentiment farfelue qui me colle déjà solidement à la peau, ce qui ne pourrait manquer d'arriver si j'étais prise à rêver tout éveillée devant des photos de salades aux graines germées.

Seulement voilà, la semaine passée je me suis aperçue, non sans un léger embarras, que la vitre du micro-ondes situé dans mon dos reflétait parfaitement, par exemple, le joli rose pimpant du blog de Clea... Lequel n'offre, malheureusement pour moi, que peu de ressemblance avec un tableau Excel ou un article en cours de correction. Et voilà ma fièvre blogueuse étalée au grand jour, pour la discrétion tu repasseras! Par chance je ne suis pas sûre que mes voisines de bureau passent leur temps à admirer la porte du four, et aucun commentaire pour le moment, donc l'honneur est peut-être sauf. Sinon, j'assumerai: oui, je suis une dévoreuse de blogs de cuisine invétérée, oui, les photos de terrine de pois chiches, gâteau au potimarron et autres fricassée au miso me transportent, et une chose est sûre, on m'y reprendra! De toute façon ce n'est pas elles qui s'en plaindront, elles sont les premières à profiter de mes fréquents essais culinaires lorsque je les juge suffisamment "normaux" pour affronter la critique. Et puis d'abord, que celui qui n'a jamais chatté sur msn pendant les heures de bureau me jette la première pierre!

Et puis, de fil en aiguille, l'idée de mettre la main à la pâte, de devenir actrice à part entière dans cette bouillonnante blogosphère, a tout doucement fait son chemin... Tant et si bien que me voici occupée à rédiger mon premier message, pour mon premier blog. Sans aucune autre prétention que celle de vous faire partager, à mon tour, mes aventures aux fourneaux: une cuisine faite d'ingrédients de saison, naturels et bio autant que possible, souvent végétarienne, parfois adaptée aux intolérants au lait et/ou au gluten, avec un certain penchant (pour ne pas dire un penchant certain) pour les desserts, pâtisseries et autres biscuits.

Et voilà pourquoi la Toile compte maintenant un blog supplémentaire. Pour aujourd'hui, pas de recette: je me suis lancée dans la construction de mon blog sur un coup de tête, sans avoir assuré mes arrières, et comme je n'ai pas encore pris l'habitude de prendre mes réalisations en photo... Vous avouerez qu'une recette sans photo, c'est tristounet! Mais dès ce soir je m'y mets, appareil photo compris.

Je me réjouis de vous recevoir chez moi, surtout n'hésitez pas à me laisser messages et commentaires! A très bientôt j'espère.