De bouche à oreille

04 novembre 2008

L'automne, modèle réduit: Jack Be Little farcies

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Si j'aime l'été pour les longues soirées, les légumes variés, la lumière généreuse, l'automne dans toute sa flamboyance me fascine et m'éblouit. Parlez-moi d'une promenade dans l'air un peu piquant pour assister au véritable défilé de mode qui se déroule dans les bois et les jardins! Chacun rivalise d'imagination et d'élégance pour nous révéler une parure bariolée, fauve pourpre dorée. Bien sûr, on aura récolté en chemin noix, noisettes, faînes ou châtaignes... Une fois rentré, une bonne tasse de thé et un biscuit épicé, et blotti bien au chaud derrière la fenêtre on observe la brume effacer les contours et éveiller des formes fantomatiques. C'est le temps des pommes, et bientôt des oranges; mais surtout, surtout, c'est le temps des courges qui reviennent exposer leurs courbes séduisantes et leur teinte de saison sur les étals des maraîchers.

Butternut et potimarron ont ma préférence: couleur annonciatrice de vitamines en quantité, doux mais de caractère, saveur subtile, peau comestible, chair fondante et propriétés veloutées incontestables, aussi à l'aise en potage qu'en crumble, purée ou encore gâteau, tarte ou cookies... un duo irrésistible. Mais voilà qu'une petite dernière a rejoint dernièrement le cercle très sélectif de mes cucurbitacées préférées: une mini-citrouille jaune orangée, répondant au nom de Pomarine, a.k.a. Jack Be Little. Si vous n'avez pas encore été présentés, je ne peux que vous conseiller de prendre les mesures qui s'imposent: de son frère et de sa soeur, elle a la peau tendre et qui ne se pèle pas, et le goût doux et sucré, celui qui évoque la noisette, ou encore la châtaigne. La chair est farineuse, fondante, et cède sous la langue; sa  taille réduite se prête tout particulièrement à la préparation de petits farcis individuels, aussi jolis qu'exquis. 

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Jamais farce ne fut si tendre et moelleuse, grâce à l'ajout de fromage blanc et de poudre de noisettes. La viande est cuite à coeur, mais reste juteuse, c'est un délice. Je retrouve dans cette recette tout l'automne en miniature: la douceur, la couleur et le réconfort... A déguster un jour un peu gris, où le brouillard efface les contours, où on est bien, blotti derrière la fenêtre, à regarder passer les fantômes ... C'est un plat douillet, tout simplement!

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Ingrédients: pour 6 petits farcis (de 3 à 6 personnes en fonction de l'appétit...)

6 courges Jack Be Little
400 g de viande hachée (ici, j'ai pris du porc, mais du veau ou un mélange doivent convenir tout aussi bien)
1 belle échalotte
3 c.s. de persil frais haché
1 oeuf battu
2 c.s. de poudre de noisettes
125 g de fromage blanc (entier de préférence, pour qu'il soit épais et onctueux)
huile d'olive
sel et poivre

Préparation

Couper un chapeau aux courges et les évider délicatement sans percer la peau, en laissant environ 1 cm de chair. N'ayez pas peur du gaspillage si le chapeau est épais, tout sera mangé! Récupérer la chair évidée (retirer les graines) et la couper en petits morceaux.

Faites précuire les courges évidées, ainsi que leurs couvre-chefs, à la vapeur durant environ 10 minutes (pas plus).

Pendant ce temps, émincer l'échalotte et la faire blondir quelques minutes dans une poêle avec de l'huile d'olive. Ajouter les morceaux de chair de courge et laisser cuire quelques minutes supplémentaires.

Dans un plat, mélanger à la fourchette la viande hachée, le persil, l'oeuf, la poudre de noisettes, le fromage blanc, sel et poivre, et le contenu de la poêle, jusqu'à ce que tous les ingrédients soient bien répartis. Lorsque les courges sont assez refroidies pour être manipulées, les farcir à la cuillère, généreusement. Les disposer dans un grand plat allant au four, ainsi que les chapeaux (queue vers le bas, partie coupée vers le haut). Verser un fin filet d'huile d'olive (on peut s'aider d'un pinceau) sur la farce et les chapeaux, et verser un peu d'eau dans le fond du plat. Enfourner pour 35 à 40 minutes à 180°C (four préchauffé). Si nécessaire, vous pouvez laisser quelques minutes sous le gril en fin de cuisson afin d'obtenir une jolie croûte. Servir bien chaud, accompagné d'une salade verte par exemple.

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21 octobre 2008

Ma vie (en rose) est tout à fait fascinante

Vous connaissez l'histoire du petit garçon qui criait "au loup!" (the boy who cried "wolf!")? Son entourage finit par ne plus lui prêter attention, si bien que le jour où le loup montra le bout de sa queue, personne ne l'écouta... Il était une fois une petite blogueuse qui se faisait rare, de plus en plus rare. Alors, au lieu d'écrire à chaque tournure de phrase "me revoici", "je suis de retour" au risque de perdre toute crédibilité, je me contenterai d'un petit billet de temps en temps, tout simplement.

Diane nous invite à repeindre de rose nos écrans. Pensons-y!

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Un petit aperçu des choses fascinantes qui se déroulent dans ma cuisine, loin des feux de la rampe...

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21 août 2008

Retour de Québec: le début mais pas la fin

Je veux déménager: j'ai rencontré Québec et ses Québécois. Durant 7 jours (bien trop courts) sur place et 2 jours (bien trop longs) de trajets mouvementés, j'ai découvert cette ville magnifique qui fête cette année ses 400 ans, ses habitants extrêmement accueillants et son parler à nul autre pareil.

Une colossale projection de Robert Lepage, intitulée "Le Moulin à Images", retrace chaque soir durant 40 minutes, et devant des centaines de spectateurs fascinés, l'histoire de Québec depuis 1608 jusqu'à aujourd'hui, avec en guise d'écran les silos à grain du port de Québec: plusieurs centaines de mètres de long pour la plus grande projection architecturale jamais conçue.

Un "espace 400ème" le long des quais accueille concerts, spectacles, conférences et animations, fées en tulle et instruments musicaux hétéroclites.

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La cordialité chaleureuse et spontanée des Québécois, jamais prise en défaut ni dans les bars, ni dans les magasins, ni dans les restaurants, ni même au coin d'une rue ou au détour d'un parc.

Règne végétal à l'honneur: au sol bourgeonnent les Jardins Ephémères, tandis que Franco Dragone lance à l'assaut des toits son Potager des Visionnaires.

Des glaces au safran, au sirop d'érable, aux bleuets, à la fraise-menthe-basilic. Et du sorbet à la cerise griotte.

Des muffins presque tous les matins, ou bien des oeufs au bacon avec des rôties et du beurre salé.

La peau et la ville dorées par le soleil omniprésent, comme à cette session de slam en plein air, ou encore cette balade des remparts autour du château Frontenac.

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Les serveurs qui passent entre les tables la cafetière à la main pour remplir votre tasse, comme dans les films américains, pas comme chez nous.

Des marches, des marches et encore des marches, et des rues tellement pentues que je n'avais encore vu ça qu'à San Francisco.

L'eau qu'on vous offre gratuitement et à volonté dans tous les restaurants.

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Des petits carrés bleus, illusion qui vous ferait toucher l'eau de la main.

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Mais elle est plus bas, plus loin: effets et reflets.

Des fourrures qui pendent aux vitrines.

Visiter le 27-100 rue des partances avec Pierre Lapointe; se perdre en sa compagnie dans la forêt des mal-aimés, sans aucune envie de retrouver son chemin, croiser à un méandre du sentier le lion imberbe et la biche empoisonnée. Se remémorer que c'est Ninnie qui vous l'a fait découvrir voici plus d'un an déjà, cet artiste venu d'une galaxie fabuleuse et désaxée. Se demander ce qu'il en est de la chance, voguer sur ses mélodies lancinantes et ses mots délicats. Acheter son premier disque, introuvable en Belgique. Et le deuxième aussi, d'ailleurs.

La forêt des mal-aimés

Renoncer à compter les bus, qui semblent plus nombreux que les voitures parfois. Se dire que c'est beau.

Insolite vision d'une église qui n'est que façade.

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C'est le paysage qui est plat, et le ciel qui est profond, en couches et en reliefs, tellement plus haut qu'ici.

Volutes en fer

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Volutes en fleurs

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Québec c'est le fun, Québec c'est tout sauf plate... Je veux déménager!

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13 juin 2008

Vive le marché (financier)

Le malheur des uns...

Aujourd'hui, pas de recette, mais une réflexion sur notre assiette. On nous le répète à l'envi: hausse des prix! Consolez-vous, cessez de vous lamenter: la crise alimentaire peut nous être bénéfique. Tout dépend du point de vue. Un peu d'optimisme donc, que diable!

J'ai assisté hier soir à une conférence de Daniel Cauchy, formateur en éducation au développement et à l'environnement, sur le thème "Une alimentation pour notre santé et celle de la planète (et de ses habitants)". Durant sa présentation, très intéressante d'ailleurs, il nous a remis en mémoire un produit de la banque belge KBC, lancé (et clôturé) en février dernier, et qui a causé polémique en mai. Il s'agit, ni plus ni moins, d'une assurance-vie qui vous prodigue un conseil d'ami: "tirez profit de la hausse du prix des denrées alimentaires!", s'exclame joyeusement et sans équivoque le slogan surplombé d'un épi dodu.

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La description est tout aussi sympathique que le titre accrocheur: parmi les facteurs qui créent les conditions parfaites pour lancer ce fonds, on peut citer «l'énorme accroissement de la population, surtout dans les pays à fort potentiel de croissance économique; un niveau de vie plus élevé et des modifications enregistrées dans les habitudes alimentaires (davantage de produits laitiers et de viande); les changements climatiques et la pénurie d'eau et de terres agricole exploitables; la forte baisse des réserves et trop peu d'investissements dans le secteur agricole.»

Grâce à cette conjoncture très favorable, la banque lie le revenu de son produit aux prix du blé, du maïs, du soja, du sucre, du cacao et du café. Une aubaine, vous en conviendrez.

Lorsque des voix de protestation se sont élevées, la banque KBC, déconfite et désemparée, s'est défendue la main sur le coeur: après tout, ce n'est pas elle qui décide du cours des matières premières, voyons! Qu'importe si la souffrance de peuples entiers, affamés et assoiffés, est présentée comme une opportunité à saisir d'urgence. La très grave crise alimentaire, le criant manque d'eau de millions d'êtres humains devient ainsi matière à spéculation qui promet d'être lucrative: le rendement annoncé est de 14%.

Certes, KBC n'est pas la seule banque à proposer ce type de placement; de nombreux fonds lancés récemment dans l'Union Européenne sont indexés sur les cours de matières premières agricoles (140 selon Mariann Fischer Boël, commissaire européenne en charge de l'agriculture). Voilà qui devrait nous rassurer: si tout le monde le fait... c'est dit, j'ai retrouvé l'appétit!

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01 avril 2008

Des salades craquantes et des clics solidaires

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J'ai la chance d'habiter dans la même ville qu'une cuisinière en roller avec qui je casse régulièrement la croûte depuis qu'elle a eu le bon goût de déménager ici. Comme elle aime à le dire, avec elle, les recettes sont sans gluten et sans lait, mais avec miam... Je vous conseille par exemple sa quiche au brocoli, délicieuse (version saumon fumé pour moi, merci). Plus d'une fois, notre repas a simplement consisté en un apéritif géant à base, invariablement, du hoummos au persil de Fab dont je suis rapidement devenue une inconditionnelle. On y ajoute parfois d'autres tartinades: fromage frais de chèvre + herbes fraîches + tomates séchées maison en petits morceaux + olives émincées, par exemple. Et on déguste à notre aise avec des légumes crus (carottes, céleri, champignons - oui je sais ce n'est pas un vrai légume -, chou-fleur...), du pain des fleurs (cracottes à base de sarrasin) ou des petits chips bio aux algues (ça n'a peut-être pas l'air tentant, comme ça, mais j'adore, vraiment).
La semaine passée, nous nous sommes retrouvées autour d'une grosse soupe hivernale bien roborative, un bouillon-repas à base de différentes sortes de lentilles et haricots, de légumes de saison, et de flocons de millet. Et sincèrement, c'est appréciable de pouvoir dire en toute normalité dans la conversation que vous avez évidemment ajouté une belle quantité d'algues laminaires pour faire cuire vos légumineuses... Par contre, au bureau on m'a récemment dit que cette soupe ressemblait à "un bol de mer". Passons.

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Après une belle assiette, il restera juste assez de place pour une part de la parfaite tarte au citron que Fabienne vous aura apportée (et je ne dis pas ça parce qu'elle a adapté ma recette, non madame). En prélude, vous aurez apprécié une salade feuille de chêne à laquelle un mélange de graines et fruits secs aura apporté craquant et saveur; un mélange dont je ne me lasse pas, et que je prépare en grande quantité afin d'en avoir toujours un bocal prêt à l'emploi (enfin, ça, c'est le plan. En réalité, je finis souvent par l'attaquer à la petite cuiller tellement j'aime ça). Avec un trait d'huile d'olive et de vinaigre de noix, cela vous transforme quelques fraîches feuilles vertes en une entrée succulente. Pour le préparer, c'est très simple: prenez une petite poignée de chacun des fruits secs suivants: noix de cajou, noisettes , amandes, et concassez-les grossièrement. Ajoutez-y une petite poignée des graines suivantes, que vous garderez entières: pignons, graines de tournesol, graines de courge (potiron). Vous ferez revenir ce mélange à sec dans une poêle, en remuant régulièrement et en surveillant bien pour ne pas laisser brûler. Je le ferais bien rien que pour l'odeur merveilleuse qui se dégage du mélange grillé. Lorsque les graines sont toastées, les laisser refroidir complètement à l'air libre, y ajouter une petite poignée de raisins secs, et conserver dans un bocal hermétique. Répandre généreusement sur vos salades vertes, de carottes, de chou... ça va avec tout (et comme je vous le disais, avec rien, ça va tout aussi bien).   

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Changeons de sujet: blogueurs, surfeurs, internautes, connaissez-vous veosearch? C'est un moteur de recherche "intermédiaire" entre vous et votre moteur de recherche habituel (google, yahoo, exolead, etc.). La différence, c'est qu'à chaque recherche effectuée, 50% des bénéfices générés par la publicité sont reversés à des associations durables. Voici ce qu'on en dit chez eux: VeoSearch est un moteur de recherche solidaire qui permet de financer des projets associatifs de développement durable par vos recherches Internet. A chaque recherche sur VeoSearch, vous générez des revenus publicitaires. 50% de ces revenus sont reversés aux associations présentes sur le site, qui s’engagent pour l’un ou l’autre des grands thèmes du développement durable : engagement pour l’homme, respect de la nature, pratiques économiques durables.
Il suffit de créer un compte, de choisir la ou les associations que l'on désire aider, et le tour est joué. Une belle initiative vraiment pas compliquée... à portée de doigts de chacune et chacun. Pourquoi se priver? Cliquons solidaire! Et diffusons l'information!

Sur ce, je vous quitte pour aller passer quelques jours au pays des hommes en jupette et des cornemuses... A bientôt!

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21 mars 2008

Personne n'est parfait

Sous la pression générale, je sors de mon hibernation (après tout, si je n'en sors pas aujourd'hui, quand en sortirai-je?) et me décide enfin à vous dévoiler 6 choses, habitudes, tics pas trop importants. En avant-première, une révélation choquante (âmes sensibles s'abstenir): personne n'est parfait, même pas moi. Je sais, c'est dur. Par conséquent, nous interrompons brièvement ce programme afin de vous permettre d'accuser le coup: on pense vacances, on pense nature, on pense positif.

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Ca va mieux? Alors, on respire un grand coup et on continue. Autour de la phrase précitée, 6 variations.

(1) Au bureau, je m'efforce de modérer mes ardeurs écologiques, en partant du principe qu'il vaut mieux opérer de petits changements en douceur qu'abrutir mes collègues de grandes envolées enflammées au risque de les assommer. MAIS: lorsqu'il s'agit du tri des déchets, je deviens incontrôlable. Dès que je repère les signes annonciateurs d'une mise en poubelle imminente (un pot de yaourt presque terminé! Une bouteille de soupe! Une cannette entamée! Un trognon de pomme! Une boîte de thon vide! Un papier à tartines!), mon regard est irrésistiblement attiré, et je guette compulsivement l'itinéraire du déchet en question pour m'assurer qu'il trouvera poubelle à son pied. Il n'est pas rare que j'aille ensuite rétablir l'ordre en redirigeant le déchet vers le contenant approprié, ni qu'au passage j'écrase ici une bouteille en plastique, là un ravier en carton. Jusqu'il y a peu, j'étais certaine d'agir avec la plus grande délicatesse et de camoufler parfaitement mon obsession, jusqu'à ce qu'une de mes collègues m'avoue qu'elle ressentait un stress certain à l'idée de se tromper de poubelle car elle savait pertinemment que je l'observais avec la plus grande attention à ce moment crucial. Coup fatal à ma prétendue discrétion...

(2) Autant que possible, je tâche d'éliminer de mon alimentation les produits raffinés, trop transformés, les produits laitiers que je ne digère pas bien, ou encore les aliments qui font monter le cholestérol (oui, malgré mes tous efforts pour manger sainement, mon taux de cholestérol est tout sauf optimal; y a pas de justice). MAIS: il y a deux desserts devant lesquels il m'est absolument impossible de résister: la crème brûlée, et la tarte au citron. Si elles figurent sur un menu, je ne veux même pas commencer à réfléchir à ce qui entre dans leur composition. Je commande, point à la ligne.

(3) Je suis une retardataire incurable, mais je fais preuve d'une grande mauvaise foi à ce sujet; j'ai donc recours à mille et un stratagèmes en guise de camouflage (voir ici une illustration flagrante).  MAIS: en revanche, devoir moi-même patienter m'insupporte au plus haut point. Plutôt que d'attendre un bus pendant une demi-heure, je suis prête à marcher l'heure entière; et peu de choses me mettent davantage de mauvaise humeur que d'attendre une personne qui ose être en retard sans m'en avoir prévenue. Je peste, j'enrage, j'invective intérieurement l'individu sans scrupule qui se permet de traiter mon temps de façon aussi cavalière.

(4) Je n'aime pas le Nutella (pas taper!).

(5) Je m'oppose régulièrement avec une vertueuse indignation et moult arguments-choc à toute tentative de m'emmener dans un fast-food qui est, de toute façon, voué à péricliter dans un futur proche grâce aux efforts d'Anaïk. MAIS: à la vérité, je trouve simplement que Ronald est décidément bien mauvais cuisinier, et qu'à sa table on mange vraiment très mal. Ce qui rend mon mérite à l'éviter tout relatif, il faut bien l'avouer.

(6) Je commence toujours les questionnaires que l'on me transmet avec la ferme intention d'être brève, concise et élégante dans mes réponses. MAIS: est-il vraiment, à ce stade, nécessaire de développer davantage ce dernier point?

En bonus: je dois m'être déjà attiré assez de malheurs et malédictions pour me durer des millions d'années, car je brise sans vergogne pratiquement toutes les chaînes de mails/diapositives sirupeuses que l'on me transmet. Et ce malgré les menaces à faire froid dans le dos évoquant les terribles conséquences qui guettent les malotrus tels que moi. Sans nul doute, un essaim de calamités guette la première occasion pour s'abattre sur ma vie et la transformer en vallée des larmes.
Une fois encore je braverai le péril en ne faisant pas suivre ce questionnaire qui a déjà tellement circulé. Que celui qui n'y a pas encore répondu, ou qui désire s'attirer amour gloire et beauté pour les années à venir, reprenne le flambeau...   

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14 février 2008

Gâteau roulé aux 3 châtaignes (sans lait et sans gluten)

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Ce matin, je me sens d'humeur réactionnaire et un tantinet rebelle. Point chez moi de menu rose ni d'ingrédients aux propriétés miraculeuses! Je ne me lancerai pas non plus dans une longue diatribe anti-kitscheries sirupeuses et fêtes commerciales faisant les choux gras des chocolatiers, fleuristes et bijoutiers. Non, je trouve simplement que le nombre de billets y consacrés, dans un sens comme dans l'autre, est déjà bien suffisant, et ne nécessite aucune contribution supplémentaire de ma part. Sans compter que de toute façon, chez moi, ce serait plutôt la Sans-Valentin, donc je ne me sens pas concernée outre mesure...

Ne vous méprenez pas, j'aime beaucoup les fêtes et les traditions culinaires qui en font même partie intégrante. Le problème sur la blogosphère, c'est que durant la deuxième quinzaine de décembre nous sommes inondés de bûches en tous genres; la première semaine de janvier, on ne sait où donner de la tête au vu des dizaines de galettes des rois qui fleurissent de partout; et je vous défie de passer une journée début février sans voir défiler une ribambelle de crêpes et autres beignets. Même si, je le répète, je n'imagine pas ces fêtes sans les mets qui leurs sont irrésistiblement associés (et je ne suis pas non plus en train de cracher dans la soupe: j'ai souvent trouvé d'excellentes idées de menus festifs grâce à ces publications en série), l'excès nuit en tout, et force m'est d'admettre que j'ai parfois trouvé un peu... usante cette affluence de variations, aussi imaginatives soient-elles, sur un thème unique. Etonnamment, par contre, je ne ressens pas cette pointe d'agacement face aux jeux tels que le KKVKVK (ou Kiki pour les intimes), blog-appétit et autres exercices de style autour d'un thème donné. Peut-être parce que ce sont des one-shots propres à notre petite sphère des blogs, et que l'originalité est toujours au rendez-vous...

b_che1Quoi qu'il en soit, l'envie me prend de publier en ce 14 février la recette de bûche roulée réalisée à Noël. Arrivant 6 semaines après ses collègues plus glamour, plus pailletées, plus bigarrées, mieux roulées (loin de moi l'idée de vouloir faire un mauvais jeu de mots), elle aura du moins l'avantage d'être seule sur scène! Et puis, même si je suis un peu hors-saison, un gâteau roulé peut tout à fait convenir pour d'autres occasions - bien qu'il puisse être utile, dans ce cas, de supprimer le sapin de Noël en feutrine verte que vous aviez disposé en arrière-plan.

Cette bûche est une spéciale dédicace à Grignote, à qui je serai éternellement reconnaissante de m'avoir fait découvrir les nombreuses facettes de la petite bogue qui pique, a.k.a châtaigne ou marron. Elle est également sans gluten et sans lait (la bûche, pas Grignote) et est en partie inspirée par cette recette de Valérie Cupillard. Le biscuit est souple, tendre et léger; la ganache est riche en chocolat et en purée de châtaigne, avec une touche d'agrumes, sans oublier les délicieuses brisures de marrons glacés au centre du gâteau. Nous avons adoré!

La préparation est à commencer au plus tard la veille pour un résultat optimal: on commence par le biscuit, qui doit reposer après cuisson; puis la ganache au chocolat, dont on fourre la génoise; enfin, on masque à la ganache et on laisse prendre au réfrigérateur avant de mettre la touche finale à la décoration.

Ingrédients: pour 8 personnes

Pour le biscuit roulé:

60 g. de farine de châtaigne
40 g. de farine de maïs
6 beaux oeufs de poules ayant couru au grand air
100 g. de sucre complet (rapadura)

Pour la ganache au chocolat:

300 g. de chocolat à 70% de cacao
Quelques c.s. de purée de châtaigne non sucrée
Quelques c.s. de crème liquide de riz ou soja pour assouplir
Un filet de sirop d'agave
Quelques gouttes d'huile essentielle de mandarine

Pour la garniture:

6 marrons glacés
Massepain
Noisettes concassées

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Préparation:

Le biscuit roulé: séparer les blancs des jaunes d'oeufs. Faire mousser les jaunes avec le sucre; lorsque le mélange a blanchi, ajouter les farines (la farine de châtaigne gagne à être tamisée car elle forme facilement des grumeaux). Monter les blancs en neige avec une pincée de sel et les incorporer très délicatement à la préparation. Verser sur une grande plaque du four recouverte de papier cuisson, et faire cuire à 180°C durant environ 15 minutes, en surveillant bien. La génoise doit rester blonde. A la sortie du four, retourner la génoise sur un essuie de vaisselle (traduction pour vous amis français: un torchon) bien propre et bien humidifié. "Peler" le papier de cuisson, puis rouler fermement le biscuit dans l'essuie mouillé. De cette façon, aucun risque qu'il ne se craquèle ou se fissure lorsque vous le roulerez plus tard: il restera parfaitement souple. Laisser refroidir totalement.
La ganache: faire fondre le chocolat cassé en morceaux au bain-marie dans un poêlon. Ajouter quelques belles cuillerées de purée de châtaigne ainsi que du sirop d'agave selon le goût pour adoucir, et un peu de crème végétale pour obtenir la consistance que vous désirez. Les quantités ne sont pas indiquées, il vaut mieux goûter jusqu'à arriver au résultat désiré car les goûts varient...
Le montage: dérouler le biscuit, retirer l'essuie de vaisselle et placer la génoise sur un morceau de film ou de papier alimentaire. Etaler une petite moitié de la ganache sur la génoise; il vaut mieux en mettre davantage au milieu que sur les bords, car elle aura tendance à fuir vers les côtés lorsque vous roulerez à nouveau le gâteau. Disposer l'équivalent de 3 marrons glacés en brisures au milieu de la ganache; rouler la bûche sans trop serrer, et l'enfermer dans le film ou le papier afin de la maintenir roulée. Réfrigérer quelques heures, il sera ensuite plus facile de masquer la bûche sans l'écraser.
Le masquage: réchauffer la ganache restante, y incorporer 3 ou 4 gouttes d'huile essentielle de mandarine, et bien mélanger pour répartir l'arôme. Etaler la ganache parfumée sur la bûche, en prenant bien soin de recouvrir tout le biscuit visible, et en travaillant assez grossièrement de manière à laisser des traces pour simuler l'écorce. Faire à nouveau prendre quelques heures au réfrigérateur.
La décoration: cette étape peut être réalisée juste avant de servir. Sortir la bûche du frigo quelques minutes avant dégustation. La décorer des marrons glacés restants, de formes ou sujets en massepain, de noisettes concassées...
Il ne reste plus qu'à passer à la dégustation, et là pas besoin de mode d'emploi...

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30 janvier 2008

Salade d'hiver vitaminée: pourpier, orange et poulet

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Pour mon 100ième billet, rien d'extraordinaire ni de spectaculaire... par contre, un plat tout simple qui reflète bien, je pense, l'esprit de ma cuisine. Dans mon panier de légumes de la semaine passée*, une belle botte de pourpier aux feuilles rondes et luisantes. En général, j'en fais une délicieuse soupe, mais cette fois l'envie m'a prise de l'accomoder en salade. Déjà, c'était inattendu: lorsqu'il fait froid, j'ai tendance à fuir la salade et à lui préférer en toutes circonstances un bon potage bien revigorant et réconfortant. Pour une fois que l'appel du cru se faisait sentir, je l'ai saisi à bras-le-corps!

Le pourpier est un aliment excellent pour la santé: il contient entre autres du fer, du magnésium et de la vitamine C en belle quantité. Ensuite, un autre produit bien de saison: une orange pas trop sucrée et bien savoureuse, pelée à vif. Pour compléter, des lamelles de poulet fermier cuites sur feu vif, pas trop, juste à point, et à peine refroidies. Et pour assaisonner le tout, une délicieuse vinaigrette à l'huile d'olive, vinaigre balsamique et miel (si l'orange est sucrée, on peut supprimer le miel pour éviter trop de douceur). J'étais à court de pignons de pin, sans quoi quelques-uns seraient venus décorer cette assiette composée et apporter une touche croquante.

Précédée d'une soupe (ben oui, quand même, on ne se refait pas) et accompagnée d'une tartine, voici une salade colorée** et vitaminée qui fait la part belle aux produits de l'hiver. Comme quoi en janvier, il n'y a pas que le chou! Je ne pense pas qu'une recette soit nécessaire: par personne, une poignée de pourpier nettoyé, une orange et 100-150 g de blanc de poulet, et tout est dit... On dispose joliment dans l'assiette, on répartit la vinaigrette, on parsème de l'une ou l'autre graine et on déguste sans plus attendre. C'est trop bon!

* A ce propos, je ne suis pas peu fière de moi: grâce à mes louanges répétées du système de paniers de légumes biologiques que je commande régulièrement au marché, et aux soupes que j'apporte régulièrement à midi (confectionnées grâce au contenu desdits paniers), pas moins de 3 de mes collègues s'y sont mises récemment avec bonheur et découvrent chaque semaine des légumes inattendus et originaux. Salsifis, radis noir, pourpier, cerfeuil, chou rave ou betterave rouge, autant de nouveaux venus dans leurs assiettes. Ouste la banalité; elles sont ravies, et moi aussi!

** Ce qui me ravit moins, bien entendu, c'est la courteur (courtitude? courterie? en deux mots, la non-longueur) des journées qui me force à prendre mes photos le soir à la lumière artificielle, d'où couleurs hideuses et images qui ne rendent pas justice aux plats. Nous sommes tous logés à la même enseigne... Mais on voit déjà les premiers signes encourageants: il ne fait plus noir quand je pars le matin! Un détail qui change beaucoup. Il n'y a rien que je déteste plus que d'arriver au bureau alors qu'il fait encore noir, et d'en repartir quand il fait déjà noir. Je trouve ça suprêmement déprimant!

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17 janvier 2008

Où il est question de cou, de boîte verte, d'anniversaire, et d'un cake châtaigne au miel et aux fruits secs

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Il y des jours détestables, comme celui qui avait pourtant si bien commencé mais qui s'est terminé lamentablement, allez comprendre, avec la voiture (prêtée par votre maman bien entendu, sinon c'est pas marrant) retournée au beau milieu d'une artère très passagère, le cou en compote et le dos coincé. Ce qui, couplé avec une bonne grippe pour ne pas faire les choses à moitié, vous cloue chez vous pour les jours qui suivent, sans compter que votre look s'en trouve brutalement revisité façon femme girafe. Du coup, en plus d'avoir l'appétit coupé, vous êtes dans l'impossibilité de rester debout à un plan de travail ou devant la cuisinière, et passer des heures devant un ordinateur n'est pas recommandé non plus. Et on fait quoi, alors, de ses journées? Pas de cuisine, pas d'internet, pas de balade, pas de travail, pas de courses, la lecture vous fatigue... Bonne année, bonne santé, qu'ils disaient! Mais en fin de compte, au vu des conséquences possibles, vous vous dites que les dieux de la route ne vous ont pas totalement laissée tomber, malgré tout.
Cela dit, c'est assez infaillible pour faire subitement régner un ordre étonnant sur les planches dévalisées du congélateur. La petite boîte que vous repoussiez régulièrement tout au fond afin de vous en préoccuper une autre fois, parce que la préparation non identifiée et à la couleur douteuse qu'elle contient ne parvient jamais à vous tenter, ni à vous intriguer suffisamment pour vous pousser à le décongeler, revêt au fil des jours un intérêt croissant (des champignons en purée d'après le goût. Quand, comment, pourquoi?).
cake_ch_taigne1_1Il y a, d'autre part, des jours étonnants, comme celui qui avait pourtant si mal commencé par une réunion au petit matin et un projet très en retard mais d'une extrême importance à finaliser de toute urgence sous peine de conséquences effrayantes et désastreuses sur la suite de votre recherche, mais qui ne font que s'améliorer au fil des heures. Ainsi, sans crier gare, une personne à qui vous avez rendu service l'automne passé vous fait la très gentille surprise d'un bon-cadeau dans un magasin de vêtements du quartier - alors même que vous aviez résolu de bouder les soldes pour cause de véhicule à remplacer. Tout de suite, la journée est moins grise. Et puis, vous finissez la journée par un petit épisode digne d'Amélie Poulain. Voilà comment tout a commencé: depuis plusieurs semaines, je vois dans l'escalier qui mène à mon appartement une boîte en métal vert, posée sur une marche entre le deuxième et le troisième étage (oui, je prends les escaliers; c'est à peu près mon seul sport de la journée, et j'y tiens!), et qui reste là abandonnée. Ce dimanche, j'ai finalement cédé à la curiosité et je l'ai remontée chez moi pour voir ce qu'elle contenait. Après examen du contenu et contact de la propriétaire, il s'avère que c'est la caisse d'une exposante du marché de Noël, qui contenait toute sa recette et à qui on l'avait volée voici 6 semaines. Bien sûr, plus l'ombre d'un centime, mais elle était malgré tout ravie de retrouver ses carnets de vente, diverses clés et autres petits effets personnels. Comment cette caisse s'est retrouvée dans mon escalier, c'est bien mystérieux, mais la propriétaire était si contente que je l'aie contactée qu'elle m'a offert un superbe bougeoir rond en pierre, qu'elle a poli elle-même (comme ceux qu'elle vendait à ce fameux marché de Noël). La curiosité n'est donc pas qu'un vilain défaut...
Et si pour couronner le tout, c'est la journée que vous avez choisie pour réaliser le beau cake à la farine de châtaigne, miel et fruits secs de Laurence Salomon, cette fameuse journée qui avait pourtant si mal commencé est définitivement rattrapée! C'est un gâteau tout doux, tout tendre et pas sec du tout, moitié farine de châtaigne moitié farine d'épeautre, ce qui lui donne un côté un peu rustique; sucré au miel, aux figues et aux abricots secs, avec juste quelques noisettes pour le croquant.
Voici la recette telle que je l'ai réalisée, un peu différente de l'originale qui demandait des dattes Medjool, de la farine de blé T80 et du lait de vache entier, ainsi que de l'huile de tournesol spéciale cuisson.

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Ingrédients: pour un cake (au moins 8 belles tranches)

150 g de farine de châtaigne
150 g de farine d'épeautre complète
1/2 c.c. de levure chimique
1/2 c.c. de cannelle (je l'ai oubliée)
4 belles c.s. de miel de montagne
250 ml de lait de soja
2 oeufs
5 figues sèches
5 beaux abricots secs
1 petite poignée de noisettes
2 c.s. d'huile d'olive

Préparation:

Tamiser les deux farines et la levure chimique dans un saladier. Faire tout doucement chauffer le lait de soja avec le miel jusqu'à ce que celui-ci soit fondu, puis verser sur la farine en mélangeant pour éviter les grumeaux. Séparer les blancs des jaunes, mélanger les jaunes à la préparation précédente et réserver les blancs au réfrigérateur. Ajouter également l'huile, et bien mélanger. Couper les figues et les abricots en petits dés et les ajouter à la pâte ainsi que les noisettes entières. Laisser reposer 30 minutes à température ambiante.
Préchauffer le four à 145°C. Battre les 2 blancs en neige ferme et les incorporer délicatement à la pâte. Verser dans un moule à cake légèrement huilé (pas besoin si c'est un moule flexi) et cuire au moins 50 minutes; je l'ai laissé une heure et il est tout juste cuit, il ne faudrait pas moins. Démouler et laisser refroidir sur une grille. Ce cake conserve plusieurs jours dans une boîte en métal, et reste bien moelleux.

Au départ, cette recette, issue de Fondre de Plaisir (un livre dont je ne me lasse pas, je le trouve remarquablement intelligent et raffiné sans être du tout prétentieux), sert à accompagner une compotée de fruits. Je trouve ce gâteau tout aussi délicieux dégusté en grosse tranche au petit-déjeuner, avec une bonne tasse de thé fumant.

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Et puis, avec tout ça, (vous avez été un peu secouée ces derniers jours, et votre dernier billet date d'avant Noël - et d'ailleurs, vous avez cavalièrement laissé passer les traditionnels voeux et souhaits de circonstance), vous vous rendez compte que vous avez laissé passer une date un peu spéciale... et que, voilà aujourd'hui un an et 6 jours, le 11 janvier 2007 exactement, De bouche à oreille pointait le bout de son nez... Une aventure dont vous ne soupçonniez pas l'ampleur et qui a pris, dans votre petite vie, des proportions parfois impressionnantes; et qui, surtout, a été la source de découvertes, de rencontres et d'échanges dépassant de loin le cadre culinaire. Vous avez envie de remercier très sincèrement toutes celles et tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à rendre si riche cette première année. Et vous espérez que le voyage ne fait que commencer!

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17 décembre 2007

En préparant Noël: carrés aux carottes parfumés

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Cette année, je ne parviens pas à me mettre en mode "Noël". Les illuminations qui ont fait leur apparition dans les villes et aux fenêtres, les publicités de saison qui nous matraquent à chaque coin de rue ou d'antenne radio, les magasins qui se remplissent de clients affairés, l'organisation de la fête au bureau, rien n'y fait: c'est comme si l'ambiance glissait sur moi, sans me gagner vraiment. Peut-être est-ce dû au fait que cette fameuse ambiance de Noël arrive de plus en plus tôt? J'ai eu du mal à en croire mes yeux lorsque j'ai vu les premiers signes dans les étalages et les rayons dès début octobre. Cela rend toute l'affaire un peu moins magique, non? Et cela me paraît si artificiel que je suis réticente à me laisser enchanter.
carr_s_carottes2Quoi qu'il en soit, Noël est réellement à la porte maintenant, et convaincue ou non, il est temps que je commence à y penser sérieusement: pour la première fois, c'est chez moi que ça se passe! Et pour que tout se déroule sans accroc, je m'y mets dès aujourd'hui. La première étape pour une bonne organisation: un état des lieux des armoires de cuisine et des décisions pragmatiques afin d'avoir le champ libre pour la suite. Ce n'est pas une mince affaire: je suis une accumulatrice compulsive, lâchez-moi dans un magasin bio et j'en sortirai avec des tas de produits sans avoir aucune idée de comment je les utiliserai. Ensuite, j'entame les paquets pour l'une ou l'autre préparation, puis les paquets tardent à se terminer car d'autres ont été ouverts à leur tour... sans compter les cadeaux reçus d'outre-mer et que l'on consomme avec parcimonie, car ils vous sont chers et vous les économisez... voilà comment on se retrouve un dimanche avec des quantités ridicules de: 7 sortes de fruits secs ou séchés et graines, 5 purées d'oléagineux, 13 sacs de farines, crèmes et fécules diverses, 4 variétés de flocons, 6 produits sucrants, de la quinoa soufflée, et je ne vous parle même pas des céréales et légumineuses entières qui ont toute une étagère de bocaux rien que pour elles... Oui, j'ai eu la décence d'adopter un air contrit de circonstance.
Il s'agissait d'aborder la situation avec méthode: un effort minimal pour un résultat maximal. Et là, j'ai fait appel à la fée Clea et ses carrés aux carottes. Oh, bien sûr, la recette a subi quelques modifications, mais au vu des ingrédients que j'ai utilisés, j'ai comme dans l'idée que Clea me pardonnera! Ces carrés sont délicieux, mais il faut bien dire qu'on ne risque pas grand chose lorsqu'on fait confiance à Clea... Rien que l'odeur qui s'en dégage lorsqu'on les découpe, à peine refroidis: on pressent tout à la fois la gourmandise de ces en-cas, et tout le bien que l'on retirera de ces douceurs saines, légères mais énergétiques (cela ne me paraît pas contradictoire...). Tout cela est confirmé dès la première bouchée, bien parfumée et très moelleuse mais où la dent rencontre ici une noix craquante, là un tendre morceau d'abricot. Double réussite donc, puisque j'ai fait d'un seul coup un sort délicieux à ma farine de quinoa, ma quinoa soufflée, mes abricots secs, mes graines de courge, mes amandes, mon sucre rapadura et ma purée de noisettes! Je n'ai pas eu le coeur de terminer totalement les baies de goji, les 'sweetened tart cherries' (cerises séchées) ni le sucre d'érable que Lolotte m'avait envoyés, j'en ai gardé un peu pour une prochaine occasion. Et Noël dans tout ça? J'ai substitué à la cannelle seule un mélange d'épices fraîchement pilées, avec girofle, gingembre, poivre et muscade. Et là ça y est, c'est gagné: comme Noël pour moi, cela commence par l'odorat, cela sent la fin de l'année! Demain j'accroche les étoiles...

Ingrédients: pour 9 beaux carrés

J'ai repris la liste de Clea, mes changements sont indiqués en gras. Ce qu'il y a de bien avec ce genre de recettes, c'est qu'elles se prêtent à tous les changements imaginables en fonction de vos fonds de placard!

carr_s_carottes180g de carottes râpées
125g de farine --> 80 g de farine d'épeautre complète + 40 g de farine de quinoa
1 cuillerée à café de levure
2 cuillerées à café de cannelle --> 2 c.c. d'un mélange de cannelle, gingembre, muscade, clou de girofle et poivre long, fraîchement pilé
100g de sucre roux --> 50 g de sucre rapadura + 40 g de sucre d'érable
180g de noix, amandes, noisettes, raisins secs… --> 140 g d'un mélange de baies goji, cerises séchées, abricots secs, graines de courge, amandes et noix
70g de beurre fondu --> 35 g de purée de noisettes + 30 g d'huile d'olive
2 oeufs battus
3 c.s. de quinoa soufflée

Préparation:
Dans un saladier, mélanger les farines, la levure, les épices, les sucres, les fruits secs et séchés et la quinoa soufflée. Ajouter les carottes rapées. Battre dans un bol la purée de noisettes, l'huile d'olive et les oeufs. Ajouter aux ingrédients secs et bien mélanger. Verser dans un plat rectangulaire allant au four, chemisé d'un papier cuisson. Egaliser et cuire environ 30 minutes au four préchauffé à 180°C. La pointe d'un couteau doit ressortir sèche. Laisser refroidir totalement sur une grille, couper en carrés (9 pour moi) et déguster au (petit-)déjeuner, au goûter, au dessert... Les carrés se conservent quelques jours dans une boîte métallique.

Posté par claire_dbao à 11:23 - - Commentaires [23] - Permalien [#]



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